Quand je regarde des films où l’on met des peintres en scène, je constate qu’ils portent toujours des blouses blindées de taches de couleur. Mais ce que j’en vois ne me semble absolument pas réaliste, voire trop trafiqué.
Pratiquant moi-même la peinture, jamais je ne me suis fait ce genre de taches.
La première chose qui m’étonne, c’est que le vêtement est autant maculé dans le dos que sur le devant.
Or, à moins de s’asseoir sur sa palette, je me demande comment cela pourrait être possible !
Quand je peins, je cochonne tout mon environnement immédiat, mais je n’ai jamais de salissures derrière mon dos.
Et pourtant, je suis très loin d’être méticuleuse !
Je remarque ensuite que les couleurs sont toujours parfaitement réparties et surtout jaunes, rouges, bleues.
Mais moi, quand je fais des cacas, c’est souvent sur les mêmes tons et en tout cas pas sur les couleurs primaires ! Ce n’est pas sur le tube ou le godet que l’on se plante, mais en cherchant le bon mélange !
Et puis – est-ce parce que j’utilise essentiellement de l’aquarelle ? – mais je ne porte presque jamais de vêtement protecteur ! D’ailleurs, mes ami(e)s peintres travaillent aussi avec leurs fringues du jour.
Pour illustrer cet article, j’ai cherché un long moment sur Gogol une blouse de peintre tachée
…et n’en ai trouvé aucune !
Peut-être que ça n’existe pas ?
Alors, je trouve dommage que la plupart des metteurs en scène emploient des subterfuges pour tenter de nous convaincre que les artistes peintres se salissent.
Oui, ils débordent, mais pas là où l’on souhaite nous le montrer !
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