22 février 2011 2 22 /02 /février /2011 17:20

 Lu sur Libération.fr 

 Mon commentaire à la fin de l'article.

Ne manquez pas d'aller lire le lien envoyé par Nelson, ICI : il résume TOUT, très clairement. 

 

18/02/2011 à 00h00

 

«La jouissance des femmes fait peur»

Interview

Point G . Odile Buisson, gynécologue, a réalisé des échographies du coït, révélant les transformations du clitoris.

32 réactions

Par CHARLOTTE ROTMAN  

  C’est une belle femme qui parle de sexe avec une joie exubérante. Elle emploie volontairement des mots crus, lâchés avec volupté, comme si c’était une incroyable transgression. Odile Buisson, 54 ans, est gynécologue obstétricienne à Saint-Germain-en-Laye. Persuadée que le point G n’est pas «un mythe moderne», elle a réalisé, en 2009 et 2010, les premières échographies du clitoris, et même du coït, grâce à «un couple de soignants volontaires dévoués à la cause des femmes» (Libération du 13 juillet 2010). L’anatomie féminine demeure peu explorée par la médecine et le plaisir des femmes tabou dans l’université française, déplore-t-elle avec beaucoup d’ardeur. Pourtant, «l’accès au septième ciel ne dépend pas de la seule qualité d’un amant». Démonstration dans un livre énergique (1).

 

Pourquoi ce livre, Qui a peur du point G?

J’ai eu envie de l’écrire après la polémique sur l’étude du King’s College de Londres qui dit que le point G n’existe pas. Pour vérifier une hypothèse génétique, les épidémiologistes ont sondé plus d’un millier de jumelles, âgées jusqu’à 83 ans, pour leur demander si elles «croyaient» avoir une zone «de la taille d’une pièce de 20 pence» sur la partie antérieure du vagin qui provoque un plaisir particulier quand elle est stimulée. Je critique leur méthode mais ils ont de bons attachés de presse, et la nouvelle a fait le tour du monde. J’étais très énervée, il fallait répliquer.

Qu’avez-vous mis en évidence avec vos échographies du clitoris?

Le clitoris est véritablement l’organe oublié! Il a fallu attendre 1998 pour en découvrir l’anatomie exacte, 2005 pour la première résonance magnétique nucléaire… Je me suis dit qu’on pourrait le cartographier, grâce à une échographie. J’ai travaillé avec Pierre Foldès, chirurgien spécialiste de la réparation du clitoris, notamment après une excision. Le clitoris n’est pas un petit bouton, c’est un organe bien plus large, constitué d’une double arche dont le sommet enserre la partie avant du vagin. L’échographie lors d’un coït a permis de visualiser les modifications anatomiques lors d’une pénétration vaginale. Le clitoris est alors comprimé contre la partie antérieure du vagin par les mouvements répétés du pénis. D’où la sensibilité particulière de cette zone.

 

ORGANES GENITAUX FEMININS

Droits réservés Odile Buisson

 

Qu’avez-vous à dire sur le point G?

Je ne prétends pas avoir découvert tous ses mystères, mais je dis que les femmes qui pensent l’avoir trouvé ne sont pas des hystériques. Il y a une logique anatomique à cela. Il faut leur faire confiance. Bien sûr, il n’y a pas d’explication purement mécanique, je n’évacue pas les autres composants du plaisir féminin, la psyché, le rapport à l’autre, des phénomènes neurologiques, biochimiques… Mais il n’y a pas de raison que ce soit un champ inexploré. Le plaisir féminin ne se loge pas que dans la tête. On ne fait pas l’amour avec son cerveau. Quand un homme bande mou, on ne lui dit pas «c’est psy!». Le problème c’est qu’en France, la médecine sexuelle féminine n’existe pas, n’intéresse pas. Je pense que le clitoris devrait être étudié de la même façon que son pendant masculin, le pénis. Si la recherche parvenait à faire chanter davantage le point G, personne ne s’en plaindrait.

Pourquoi un tel retard français?

On peut l’imputer à toutes sortes d’interdits psychologiques, et religieux. Et puis l’université française reste très androcentrée. Ce sont les hommes qui décident. Ils s’occupent de leurs affaires. Et puis je crois que cela fait plus sérieux de s’intéresser à l’érection car l’éjaculation et donc la reproduction de l’espèce y sont liées. Cela rend les recherches légitimes. Le plaisir féminin, lui, ne «sert»à rien ! La jouissance des femmes fait peur aux hommes, y compris aux chercheurs. Pourtant aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne, en Italie, on trouve des centres de recherche en médecine sexuelle féminine.

«Celles qui ont des opinions plutôt libérales et aiment faire les gestes de l’amour ont davantage d’orgasmes que les autres», écrivez-vous. L’orgasme est-il de gauche ?

Très drôle. Libérale, c’est être douée pour la liberté, tranquille avec les mœurs. Or il me semble que, parfois, la gauche est bien ringarde et fait la police des comportements. Si l’on regarde ses positions hostiles à la gestation pour autrui ou à la prostitution… Non, le plaisir peut se trouver, ou pas, à droite comme à gauche.

(1) Odile Buisson avec Pierre Foldès : «Qui a peur du point G? Le plaisir féminin, une angoisse masculine», éd. Jean-Claude Gawsewitch, 217 pages, 18,90 euros.

(Droits Réservés Odile Buisson)

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En ce qui me concerne, je reste sceptique sur ce fameux point G et tient plus compte du rôle essentiel du clitoris souvent malmené par des partenaires un peu trop sportifs ! Non, le plaisir féminin ne repose pas seulement sur la compétence des hommes ; mais quand même, il leur faudrait avoir un minimum de connaissance du corps féminin avant de passer à l'acte avec l'obsession de la pénétration. Et surtout de la grande sensibilité du clitoris, qui, s'il est "utilisé" à la même puissance qu'un pénis, finit par être anesthésié! A la grande différence du vagin qui lui est beaucoup plus résistant. Alors, messieurs, n'écrasez pas trop le corps des femmes à ses endroits les plus sensibles !

En ce qui concerne les femmes, il me semble évident que pour tirer tous les bénéfices de leurs organes, il serait conseillé qu'elles commencent par les utiliser elles-mêmes . Car une chose est sûre: elles ne prennent pas toutes leur plaisir de la même façon. De même, leurs préférences varient en fonction de leur âge et de leur expérience. En tout cas, je ne remercie pas Mister Freud de n'avoir su reconnaître comme "valable" le seul orgasme vaginal en prétextant que la fixation sur le clitoris était une incapacité à accéder au stade génital, le plus haut degré de la maturité sexuelle selon lui. Mais quelles connaissances de la femme avait ce créateur de la psychanalyse, de nos jours une croyance que seules la France et l'Argentine continuent à pratiquer. Ma position sur la psychanalyse est bien connue de ceux qui lisent mon blog depuis ses débuts!

Lire mes articles sur le sujet, ici. 

 

FOI ET CROYANCES (1)   

 

 

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2 février 2011 3 02 /02 /février /2011 21:31

 Pas mal débordée en ce moment, je ne résiste pas à l’envie de vous envoyer ce papier de Jean-Paul Brighelli. Bouquin à lire par les incrédules.

Son blog...pour ceux qui aiment vraiment la lecture et la controverse:

  

 http://bonnetdane.midiblogs.com/

 ECOLE HUMOUR

 

Sophie Coignard Le Pacte immoral

Candide est donc parti au pays d’Educ-Nat : il n’en est pas revenu.

Il — ou plutôt Elle, puisque c’est la journaliste Sophie Coignard qui a opéré cette plongée dans l’abîme (1) —, a fait cela avec tout le professionnalisme dont était capable l’auteur (ne m’en voulez pas, ma chère, je suis physiquement incapable d’écrire « auteure ») de l’Omerta française (Albin Michel, 1999 — avec Alexandre Wickham) ou d’Un Etat dans l’Etat (Albin Michel, 2009), son étude sur la Franc-maçonnerie. Mais aucun de ses ouvrages précédents, qui pourtant ne lui ont pas fait que des amis, tant la vérité dérange l’ordre, ne lui aura valu, je le lui prédis, autant de haines et de commentaires vitriolés que celui-ci.

Ça a déjà commencé. Dans le Point de cette semaine (n°2002, 27 janvier 2011), qui publie quelques-unes de ses « bonnes feuilles », Marie-Sandrine Sgherri est allée interviewer quelques-uns des illustres morticoles mis en cause par Mme Coignard. Chœur des demi-vierges ! Levée de boucliers de la bien-pensance ! « Elle reprend les lieux communs sur « l’enfant au centre » sans aller voir ce que font réellement les militants pédagogiques, souvent très mal vus par la hiérarchie qu’elle critique », fulmine Meirieu, jamais à court de contre-vérités (Allons, allons, Philippe, moins de modestie, vous et vos amis tenez le haut du pavé pédagogique depuis 30 ans — et encore aujourd’hui, puisqu’au fond le libéralisme de Luc Chatel va dans le sens des lubies libertaires que vous avez toujours défendues). Ou Jack Lang, jamais en retard d’une insulte : « Ce livre tient à la fois de la malhonnêteté intellectuelle et de l’ignorance crasse » — avant de se lancer dans une démonstration proprement sublime sur la responsabilité de la droite dans la baisse des résultats au classement PISA (ah bon ? Les élèves de 15 ans d’aujourd’hui ont été alphabétisés sous la droite ? J’aurais cru qu’ils étaient entrés à l’école élémentaire sous la houlette d’un certain Lang, successeur d’un certain Allègre — qui avait si bien défini leur programme)) — et l’hécatombe des étudiants en première année de fac, due, on ne s’en serait pas douté, à… la disparition des TPE, qui n’ont jamais disparu.

Et ça a été ministre ?

Ou Antoine Compagnon, qui aurait dû en rester à Montaigne ou à Proust, sur lesquels il a écrit des choses lumineuses. Mais qui plaide à présent dans le Point pour une autonomie accrue des établissements, à l’heure où nous déplorons tous le « moins d’Etat », et pour un recrutement ciblé d’enseignants « différents », — déjà en place dans le dispositif CLAIR, qu’il salue au passage.

Ou Luc Chatel soi-même : « Une caricature truffée d’erreurs grossières », dit notre DRH, qui estime que « le collège unique a été un progrès extraordinaire »… Franchement, Monsieur de Grenelle, vous devriez de temps en temps visiter impromptu, anonyme et sans escorte, tel ou tel établissement que je vous désignerais — il y a le choix. Là où les profs craquent. Là où les élèves trinquent. Vous en reviendriez édifié sur les vertus du collège unique, et sur l'épaisseur de la bulle qu’ont construite autour de vous les premiers communiants frileux qui vous servent de conseillers.

C’est un peu maladroit de la part d’un homme si doué pour la communication. Un livre se grandit par la taille de ceux qui l’insultent — j’en ai fait l’expérience. Et celui-ci pourrait bien bénéficier — je le lui souhaite — des invectives de tous ceux dont Sophie Coignard dénonce les petits complots et les grandes incompétences, avec l’habileté imparable du naïf jeté en grande Carabagne, comme aurait dit Michaux.

 Qu’a vu et entendu Candide au cours de ses pérégrinations ? Un président de la République quelque peu Janus, défendant l’élitisme républicain et appliquant pour son héritier le premier principe de la thermo-dynamique, le piston : exemple redoutable pour tous ceux qui ont vu l’ascenseur social dont l’Ecole était l’unique moteur hoqueter, dans les années 1980, et s’arrêter définitivement, depuis que les apprentis-sorciers de la pédagogie ont remplacé le souci d’égalité par l’obsession de l’égalitarisme. Sophie Coignard a constaté le complot, conscient ou non, mené par les élites pour assurer à leurs rejetons les places au soleil des grandes écoles, pendant que les misérables — au sens hugolien du terme — s’échinaient dans des ZEP obscures. Elle a ausculté les instances chargées d’évaluer l’Ecole, toutes « peuplées des créatures qui ont contribué à la dévaster ». « L’école, le collège, le lycée et l’université sont donc devenus des trompe-l’œil où se joue la comédie de la réussite », conclut-elle dès les premières pages, où le ton est donné.

Ministre de l’Education ? Une punition, lui a expliqué l’un des proches collaborateurs de François Fillon, qui officia rue de Grenelle juste avant Robien, qui y vécut un calvaire. Juste avant Darcos, qui ne veut surtout plus en entendre parler. Juste avant Chatel, qui s’y est impliqué à fond, comme l’on sait. Juste avant… « Tous les ministres qui s’y sont succédé depuis vingt ans sont soit des punis, soit des illuminés », confie à Candide l’un des hiérarques de la maison. En tout cas, des Kleenex. Jetés — à moins qu’ils ne choisissent, comme le dit plaisamment Coignard qui a des lettres en matière d’espionnage, « l’exfiltration ».

Il n’y a guère que Chevènement qui ait constamment manifesté son intérêt pour ce qui se passe rue de Grenelle depuis qu’il n’y est plus. Parce que l’Ecole est le premier maillon de la République — et, aujourd’hui, son maillon le plus faible.

Et c’est ce qui rend ce livre passionnant : l’auteur les a tous rencontrés, ou presque. Comme c’est une femme charmante, et opiniâtre, elle les a fait parler. Enseignants, syndicalistes, responsables politiques, théoriciens, sociologues, inspecteurs divers et variés… Oui, tous. Elle a même des révélations saignantes — par exemple sur les agrégations "au mérite" obtenues par certaines et certains à force de reptations et d'acoquinements. Il est des anecdotes qui en disent long sur la façon dont les politiques s'achètent des hommes et des femmes-liges.

Qu’apprend-on, au passage ? Des confirmations détaillées de ce que l’on subodorait déjà, quand on vit au cœur des ténèbres pédagogiques. Mais presque tout quand on est un consommateur tout juste éclairé du système, ancien élève, parent d’élève ou prof perdu dans les steppes. Darcos, par exemple, après avoir réformé le Primaire, voulait s’occuper du Collège. Mais que cela ne faisait pas les affaires de Bercy, où commence et finit la rue de Grenelle, depuis que l’on demande aux enseignants de payer les économies qui permettront de s’offrir un Airbus privatif : la réforme du lycée était porteuse de bien plus d’économies en puissance. Moins d’heures, moins de postes — une solution que les fédérations de parents d’élèves, aussi bornées fussent-elles, n’auraient pas laissé passer, tant le collège a été, en trente ans, vidé de sa substance (2).

Comme Candide, Sophie Coignard a beaucoup voyagé : la liste des remerciements en témoigne. Elle a voulu voir, sans forcément se fier à ce qu’on lui racontait. Je l’ai rencontrée à Paris, je lui ai raconté une histoire insensée — celle de l’Ecole —, elle n’en a rien cru, elle est descendue voir ce qui se passait dans mes classes, elle a interviewé les élèves de SPE-IEP, cette propédeutique aux IEP réservée, au lycée Thiers, aux élèves massacrés par des années de ZEP. Et ils lui ont raconté — elle le rapporte avec consternation — que l’un de leurs enseignants de Terminale, l’un des ces « profs référents » qui feront la loi dans des établissements définitivement autonomes, avait tout fait pour les dissuader d’oser une prépa — « pas fait pour vous, trop bourgeois ». Sic.

Et c’est prof !

Je ne déflorerai pas un livre de 280 pages foisonnant de détails invraisemblablement vrais, de portraits irrespectueusement malicieux, de réalités trop crues pour être croyables. Le tout écrit dans un style objectif, le style même du géographe cartographiant une terra incognita — on a souvent l’impression que Candide s’est aventuré dans ces zones blanches de la carte, où la main du journaliste n’avait pas encore mis le pied, comme dit l’Autre (3).

Peut-être aurai-je une réserve sur le titre, qui n’annonce pas assez la couleur aux yeux du profane. Même s’il dit excellemment ce que nous pouvons penser de ce chaos délibéré qu’est devenue l’Education nationale : tout fonctionne comme si une infime minorité de privilégiés avait délibérément organisé un système déliquescent dont seuls leurs héritiers tireraient profit — enfants de cadres ou enfants d’enseignants, rejetons de démagogues et de pédagogues qui se gardent bien d’inscrire leur progéniture à « l’école publique » qu’ils recommandent aux autres, et adeptes du chèque-éducation, pour lesquels chaque aberration du système est un pas de plus vers l’apocalypse qui justifiera leurs ambitions — et leurs appétits.

 Jean-Paul Brighelli

(1) Sophie Coignard, Le Pacte immoral, Albin Michel 2011 (19,50 €)

(2) Pour mémoire, un élève fin troisième de 1976 sortait du collège avec, dans sa besace intellectuelle, 2800 heures de Français depuis le cours préparatoire. En 2004, il en avait eu 800 de moins — soit deux ans et demi de cours de moins. Comme si, dit suavement Sauver les lettres (http://www.sauv.net/horaires.php), « il était passé directement de cinquième en seconde » — ce qui est le sentiment général des profs qui enseignent en Seconde…

(3) On sait que l’Autre est un auteur prolifique auquel on attribue nombre de hauts faits littéraires, sous des identités multiples. Ici, par exemple, il s’appelle Claude Farrère.

 

 

 

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15 janvier 2011 6 15 /01 /janvier /2011 19:13

 

Le procès intenté à Eric Zemmour nous permet de débattre à nouveau sur un sujet plus que tabou. Comment se sortir de la haine raciale et évoluer vers plus d'humanisme si l'on occulte les sujets dérangeants?

 

 A mon avis ce n'est pas la pratique du "culturellement correct" qui fera avancer les tensions qui existent au sein des différentes communautés qui colorent le paysage français. Rien ne sert de passer la pommade à "nos pauvres immigrés". Je pense qu'ils gardent les moyens de se défendre et que, tant que le débat restera ouvert, nous saurons que nous vivons encore dans un état démocratique. Les problèmes de conflits qui  existent dans le réel entre les musulmans , les juifs, les métisses de toutes sortes et les purs veaux français méritent que le débat soit engagé et ne soit pas stoppé par des considérations hypocrites qui ne serviraient qu'à entériner la foulitude de situations dont l'extrême droite, via Marine Le Pen, se fait un plaisir de profiter. Je regrette que l'on soit à ce jour contraints d'en passer par la justice. Si toutes ces associations bien-pensantes restaient un peu plus ouvertes, le débat pourrait se poursuivre dans les médias. En  espérant un peu plus de tolérance de part et d'autre. Car il me semble que chacun reste sur des positions très déterminées. Je reste surtout l'idée que débattre et communiquer doit avant tout servir à progresser et à parvenir à trouver quelques terrains d'entente. Pourquoi ne pas s'adresser directement aux pouvoirs publics qui trouvent leurs intérêts personnels en divisant les citoyens ?

 

Procès Zemmour : doit-on aller au tribunal pour débattre d'immigration ?

Tefy Andriamanana - Marianne | Vendredi 14 Janvier 2011 à 05:01 | Lu 16311 fois


Deuxième jour du procès Zemmour, plusieurs témoins sont venus à la barre pour témoigner en faveur ou défaveur du chroniqueur. Le sujet de l'immigration est encore tabou pour certains.



Eric Zemmour est décidément étonnant. Étiqueté comme « réactionnaire » par Libération, il a invité à son procès des témoins allant d'Eric Naulleau à Xavier Raufer, criminologue conservateur, grand opposant à la « culture de l'excuse ». Mais quelle que soit leur couleur politique, ses soutiens ont un même avis : Eric Zemmour a le droit de s'exprimer, quitte à choquer.

Jeudi 13 janvier se poursuivait donc l'audition des témoins dans le procès Zemmour. Le premier à intervenir fut Louis Schweitzer, ex-président de la Halde, cité par SOS Racisme. Celui qui fut aussi PDG de Renault (entreprise déjà condamnée pour discrimination raciale ), est parti dans une longue et lourde explication juridique sur l'état du droit en matière de discriminations. Il a aussi noté qu'elles touchent plus particulièrement les gens « issus du Sud de la Méditerranée ». Au même titre que les handicapés sont des « personnes à mobilité réduite », il ne fait pas bon dire que les noirs sont noirs.

Les failles de la Halde

Me Olivier Prado, avocat d'Eric Zemmour, a d'ailleurs taclé Schweitzer à ce sujet : « Vous n'utilisez jamais les mots "noirs" et "arabes" » ? « Parfois » a répondu l'ex-directeur de cabinet de Fabius. Me Prado lui a alors demandé si Barack Obama est Noir : « Aux USA, son père est noir, sa mère est blanche ». Et Michelle Obama : « Aux USA, elle est considérée comme née de parents noirs ». Joli débat sémantique mais il est vrai que dire black est nettement plus branché.

Autre faille de Louis Schweitzer, également ex-président du conseil de surveillance du Monde, la politique de la Halde. Et là, Me Olivier Prado a choisi de l'attaquer par l'absurde. L'avocat a pris l'exemple des discriminations en fonction du sexe et a noté que l'Eglise catholique refuse toujours les femmes au sein de la prêtrise. « On pourrait tenter un procès sur ce sujet », a répondu le témoin.

Idem avec l'affaire Baby Loup. L'employée d'une crèche avait été licenciée au motif qu'elle portait le voile. Ce licenciement avait été contesté par la Halde, du temps de Louis Schweitzer mais validé par les Prud'hommes. A l'inverse, Jeannette Bougrab, successeure de Schweitzer avant d'entrer au gouvernement, avait soutenu la position de la crèche. Me Prado a alors demandé si c'était le rôle de la Halde de dire le droit. Schweitzer a dû reconnaître que ce n'est « pas le rôle de la Halde de dire le droit à la place du juge ».

L' «aveu de faiblesse» de SOS Racisme

Puis ce fut au tour d'Eric Naulleau, complice d'Eric Zemmour dans « On n'est pas couché », de venir à la barre. D'emblée, il a précisé : « Si je devais attaquer Eric Zemmour à chaque désaccord, je passerai ma vie au tribunal ». Le chroniqueur a également signalé le contexte particulier dans lequel Zemmour avait prononcé les propos incriminés : « Dans cette émission (de Thierry Ardisson, ndlr), on ne peut pas argumenter, ce sont des échanges sur le modèle du ping-pong ». Il a ajouté que c'était différent sur le plateau de France 2.  « Peut-être qu'Eric Zemmour a négligé cet aspect de l'émission d'Ardisson », a regretté le témoin.

Mais Eric Naulleau a soulevé un point sensible lors de son audition. Il a fustigé les parties civiles (Sos Racisme, Licra, Mrap, Uejf) qui « refusent le débat intellectuel », « une défaite de la pensée », « un aveu de faiblesse » pour lui. « Le débat (sur les causes de la délinquance, ndlr) devrait avoir lieu dans un colloque et pas au tribunal », a-t-il martelé. Il s'est aussi permis une pique assez salée : « Eric Zemmour a lancé un débat, il a plus fait pour la lutte contre les discriminations que quelques bonnes âmes avec leurs pétitions ».

Sur ce point, Eric Naulleau ne sera pas repris par les parties civiles. Elles ont préféré se concentrer sur la forme et les conditions de production des propos d'Eric Zemmour. Il est vrai que c'est le plus gros point faible du chroniqueur, qui ne demande jamais à visionner les émissions après montage. D'ailleurs, ses adversaires ont souligné que ses critiques sur le montage de l'émission d'Ardisson pouvait apparaître comme un rétropédalage. Revenu à la barre, Zemmour a vivement protesté : « J'assume toujours mes propos, quelles que soient les conséquences », jetant un regard noir sur Me Christian Charrière-Bournazel, avocat de la Licra.

Peu de débat de fond

Mais on a aussi tenté de parler du fond. Plusieurs intervenants sont venus exposer différentes données sur les origines des délinquants. Pierre Manzoni, préfet de l'Allier, a été peu convaincant renvoyant vers un rapport des Nations Unies sur la nationalité des trafiquants d'êtres humains. Lucienne Bui-Trong, ex-chef de la section Ville et Banlieues aux RG, a été plus précise et s'est basée sur une des études montrant que, dans les années 1990, « 85% » des « meneurs de violences urbaines » avaient un nom à consonance maghrébine. Les parties civiles lui opposeront que son travail est resté justement limité aux quartiers sensibles alors qu'Eric Zemmour parlait des « trafiquants » sans distinction de territoire.

Une autre étude a été citée par plusieurs témoins. Un rapport de 2002 par une commission d'enquête du Sénat sur la délinquance des mineurs pointait une « surdélinquance des jeunes issus de l'immigration » se basant sur les travaux du sociologue Sébastian Roché. Ces chiffres montrent notamment que 22,3% des jeunes ayant deux parents de nationalité d'un pays du Maghreb ont déjà commis plus de dix actes peu graves de délinquance contre 13,1% des enfants de Français.

Malek Boutih, à l'époque président de... Sos Racisme, avait témoigné devant cette commission notant qu'« il y a plus de "bronzés" que de blancs dans les centres de jeunes détenus ». Il avait ajouté : « Par ailleurs, dans les familles d'immigrés, les enfants prennent très vite le pouvoir. Déjà, d'une manière générale en France, le rapport au savoir a tendance à s'inverser en raison des modifications technologiques, des nouveaux rapports urbains, et les jeunes générations ont parfois une meilleure connaissance que leurs parents de la société. Alors, chez les immigrés, imaginez !... »

« Les Maghrébins sont-ils arabes ? » (Mrap)

Les parties civiles trouveront un argument de poids face à ce rapport. Les enfants d'immigrés, ce ne sont pas les « noirs et les arabes », évoqués par Eric Zemmour, donc Zemmour a tort, donc il mérité d'être condamné. Me Pierre Mairat, avocat du Mrap a vivement débattu du sujet avec le préfet Manzoni. Claude Goasguen, député UMP de Paris, témoin cité par Eric Zemmour, répondra lui : « Si l'immigration, ce n'est pas les noirs et les arabes, qu'est-ce que c'est ? », déclenchant les foudres des parties civiles. L'écrivain Denis Tillinac subira la même question de l'avocat du Mrap : « Quelle est la géographie, la nationalité d'un Noir ? Les Maghrébins sont-ils arabes ? Et les Kabyles ? ».

Avec de telles discussions sémantico-génétiques, on en oublie le débat de fond. Qu'on soit d'accord ou pas avec Eric Zemmour, il devrait être permis de s'interroger sur les causes non économiques de la délinquance. On peut contester les détail des instruments de mesure, mais se contenter de dire que la pauvreté est l'unique cause mécanique de la délinquance ne mène pas très loin. Mais les parties civiles n'aborderont jamais ce point, et les témoins de Zemmour, tel Xavier Raufer, n'ont jamais vraiment insisté non plus, rapportant juste quelques statistiques avec plus ou moins de brio.

Là est justement le problème. Le tabou du débat sur les causes extra-économiques de la délinquance fait qu'il n'est évoqué qu'au mieux chez Ardisson, au pire au tribunal. « Personne n'a de difficultés à parler de statistiques sur l'immigration ou des noirs et des arabes », a pourtant dit l'avocat du Mrap. Pour le prouver, il aurait alors fallu traiter Eric Zemmour comme un adversaire politique et non comme un délinquant. Le procès se terminera vendredi 14 janvier avec les plaidoiries et le réquisitoire du parquet.

Retrouvez la première partie du procès
Procès Zemmour : plus pertinent à la barre qu'à la télé !

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10 janvier 2011 1 10 /01 /janvier /2011 21:29
Un sujet préocupant. Sans discours mais dans l'action.
Qui reste pour moi la meilleure façon d'avancer.
 Société 08/01/2011 à 18h06

Jeudi noir dénonce le «blocus» par la police de son nouveau squat.

Une trentaine de militants occupe depuis plusieurs jours un immeuble vacant près de l'Elysée à Paris.

130 réactions

 

L'occupation vise, selon le collectif, à «dénoncer l'indifférence du gouvernement vis-à-vis

 

L'occupation vise, selon le collectif, à «dénoncer l'indifférence du gouvernement vis-à-vis d'une crise du logement qui s'aggrave à mesure que se gonfle la bulle immobilière». (© AFP Bertrand Guay)

 Des militants de l'association Jeudi Noir, qui occupent depuis plusieurs jours un immeuble vacant près de l'Elysée, se sont rassemblés samedi en face du bâtiment pour dénoncer le "blocus" par la police, qui contrôle les allées et venues des occupants.

Plusieurs élus, dont l'eurodéputée Europe Ecologie Eva Joly, ont pénétré dans cet immeuble de bureaux, propriété de l'assureur Axa, situé au 22, avenue Matignon (Paris VIIIe), pour apporter soutien et ravitaillement aux squatteurs.

Sac à dos rempli de victuailles et galette des rois à la main, Eva Joly a traversé une nuée de journalistes et salué l'action "légitime" de Jeudi Noir contre le mal logement.

"La précarité des jeunes, la précarité des gens" est une "grande cause", a souligné l'eurodéputée, précisant que cela constituera "un des grands thèmes" de sa campagne présidentielle, si elle est désignée candidate.

"On était une trentaine à dormir dans les lieux jeudi soir et ceux qui sont sortis hier (vendredi) matin n'ont pas pu rentrer dans le bâtiment", raconte Elise Aubry, 28 ans, qui s'est également vu refuser l'entrée. "On est complètement assiégés", s'insurge la jeune femme.

Huissier

"La préfecture nous impose un blocus depuis hier (vendredi)", dénonce Julien Bayou, porte-parole de Jeudi noir et qui exige la "levée du dispositif".

"On n'est pas contre une présence policière mais ils ne doivent pas empêcher les allers et retours", a-t-il précisé, alors qu'une dizaine de policiers sont sur place.

D'après une source policière, "les policiers sont présents pour des problèmes d'ordre public et de circulation et en raison de la proximité de l'ambassade d'Israël", sise rue Rabelais.

"On a fait constater l'occupation du lieu par un huissier, on est habitant de ce lieu depuis cinq jours, c'est une atteinte à la liberté de circuler", martèle Simon Cottin-Marx, 24 ans, militant du collectif.

Présente sur les lieux, Emmanuelle Cosse, vice-présidente (Europe Ecologie) du conseil régional d'Ile-de-France chargée du logement a dénoncé "une stratégie d'essouflement du mouvement alors que l'occupation marche bien".

Le collectif Jeudi noir a réalisé un nouveau coup d'éclat cette semaine en occupant cet immeuble de bureaux - 2500 m2 de superficie, aux façades de verre et de métal - à deux pas de l'Elysée et du ministère de l'Intérieur - pour attirer l'attention sur le sort des étudiants et jeunes actifs mal logés, une opération soutenue par la gauche et le Modem.

Les membres de Jeudi noir avaient été expulsés fin octobre 2010 d'un immeuble place des Vosges qu'ils avaient occupé pendant un an.

(Source AFP)

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28 décembre 2010 2 28 /12 /décembre /2010 23:47

 

Je ne suis pas très enchantée de cette info. Et quand on nous raconte que la prévention est efficace, je reste sceptique. Car si nous sommes susceptibles de mourir de cette maladie à partir d'un certain âge, l'idée de le concevoir pour des enfants reste plus difficile.

 

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Société 28/12/2010 à 07h52

Un enfant sur 440 va développer un cancer avant l'âge de 15 ans

68 réactions

 

Un enfant sur 440 en France va développer un cancer avant l’âge de 15 ans, selon une étude conduite sur la période 2000-2004 qui fait apparaître une légère hausse du nombre des cas, due probablement à l’amélioration de l’enregistrement des données et des techniques de diagnostic.

Les chiffres, publiés mardi dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire de l’Institut de veille sanitaire, ont été relevés par le registre pédiatrique national des hémopathies bénignes et celui des tumeurs solides. C’est la première fois que les estimations d’incidence sont basées sur des registres nationaux de cette qualité.

Sur la période 2000-2004, 8.473 nouveaux cas de cancers (leucémies, tumeurs du système nerveux central, lymphomes…) ont été enregistrés chez les quelque 11 millions d’enfants de moins de 15 ans. Soit un taux d’incidence de 156,6 cas par an et par million d’enfants, un peu plus élevé chez les garçons que chez les filles.

Les cancers des moins de 15 ans représentent 0,5% des nouveaux cas de cancers, et 0,2% des décès par cancer, soit la deuxième cause de mortalité chez les enfants après les accidents. 50% de ces cancers sont intervenus avant l’âge de 5 ans.

L’incidence globale «plus élevée» que celle publiée (sur la base des registres régionaux) pour la période 1990-1999, notamment pour les cancers du système nerveux central, s’explique probablement par une amélioration de la méthodologie et par l’amélioration des techniques diagnostiques, «bien qu’on ne puisse écarter formellement une réelle augmentation d’incidence», indique le BEH.

(Source AFP)

 

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25 décembre 2010 6 25 /12 /décembre /2010 19:25

 

Marrant, je n'arrive pas à publier cet appel  qui me tient à coeur! Je vous adresse donc un lien du Nouvel Obs. En  espérant que vous serez nombreux à le signer.

 

Si j'ai changé le terme de primaire en élémentaire, c'est parce que je trouve que les évaluations en maternelle sont encore plus néfastes à l'enfant. Et que cela m'a occasionné de grandes difficultés avec la hiérarchie pour résister! Pourquoi ne pas commencer des évaluationsq "In utero"?

 

http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/societe/20101116.OBS3048/l-appel-pour-la-suppression-des-notes-a-l-ecole-primaire.html

 

 

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13 décembre 2010 1 13 /12 /décembre /2010 21:25

J'avais cru comprendre que le nouveau gouvernement allait proposer des solutions différentes dans le domaine de la pédagogie.

Je constate à ce jour que personne n'ose revenir sur la question du "pédagogisme" qui n'a pourtant jamais fait ses preuves. Pourquoi jamais aucun responsable politique ne se pose-t-il la question des résultats? Pourquoi les modèles performants venus de l'étranger ne servent-ils à rien? Pourquoi continue-t-on à s'acharner sur des méthodes inefficaces? Les premières idées pédagogistes étant issues de la gauche, je reste surprise qu'elles soient validées par la droite. Les autorités censées être concernées par le sujet seraient-elles toutes incompétentes? Mais pourquoi donc avons-nous toujours des ministres qui ne connnaissent rien au sujet? Comment n'est-il pas possible d'évoluer dans ce domaine grâce à toutes les expériences de pays qui "assurent"? Vraiment, la France devrait avoir honte de son manque à donner une instruction pour tous, quelles qu'en soit leurs origines. Car à ce jour, ceux qui n'ont plus confiance et  détiennent encore quelques moyens n'osent plus placer leurs enfants dans une école publique. Ce qui revient à déclarer la mort de l'école pubique que je soutiens depuis toujours.

 

Ecole française, mauvaise note sur toute la ligne

L'Hérétique - Blogueur associé | Mercredi 8 Décembre 2010 à 15:01 | Lu 6239 fois


Une fois de plus, l'école française est sévèrement sanctionnée par le classement PISA, preuve s'il en était encore besoin de la perte inexorable de qualité de notre enseignement. Et selon l'Hérétique, l'avenir ne s'annoncerait pas sous les meilleurs augures, avec des carnets de compétences, des inspecteurs zélés et d'autres mesures inutiles.



Le classement PISA vient de tomber. Encore une occasion de se mortifier, pour nous autres Français, sur la qualité déclinante de notre école.

Ce que révèle PISA, c'est que notre école est meilleure pour les meilleurs et se délite de plus en plus pour les plus en difficulté.

On voit ainsi très bien que les déclarations des Châtel et consorts ne sont que du flan. En dépit des grandes déclarations de ce ministre, on ne travaille pas plus la lecture et l'écriture qu'avant. En revanche, les pédagogolâtries y ont cours plus que jamais, à commencer par l'imbécile et inutile carnet de « compétences », que l'on applique désormais au collège, et les plans de toutes sortes, établis dans l'urgence de l'audimat, comme par exemple le nouveau plan Sciences que prévoit Châtel.

Il faut dire que les Français plébiscitent imbécilement les mesures les plus stupides quand on les sonde. Contents de se faire niquer, les crétins. Tenez, consultez la dernière enquête Ipsos, organisme de sondages en principe fiable.

Regardez comme ces idiots approuvent à une majorité écrasante l'introduction des compétences au collège. Et pour les rythmes scolaires, alors même que l'Allemagne doit sa remontée à la réintroduction des cours l'après-midi, la France envisage, sous l'égide des Châtel, Descoings et autres signataires pédagogisant pour-les-autres-mais-pas-pour-moi de les supprimer.

On devient mou, à SOS-éducation : on croit que la seule méthode globale est en cause. Cela va bien au-delà. Quel enseignant osera rétablir la dictée, sans doute, avec la rédaction, l'exercice d'écriture le plus complet, parce qu'il requiert de l'attention, de la compréhension de texte et la connaissance de règles nombreuses.

Pourquoi à peu près partout, ce sont ceux qui appliquent les règles traditionnelles qui obtiennent les meilleurs résultats tous élèves confondus ?

En réalité, dans le primaire, une forte majorité d'inspecteurs est là essentiellement pour faire chier au maximum les instituteurs, rêver qu'on leur cire les bottes et, quand ils ne sont pas carriéristes, désirer profondément qu'on leur fasse la cour. Professeurs du secondaire ratés, ou, pire encore, enseignants du primaire qui sont montés en grade à force de fourberies et de flatteries, les inspecteurs du primaire sont devenus une engeance nuisible, inefficace et inutile. La situation est un peu plus contrastée dans le secondaire, mais, là encore, on peut constater qu'un certain nombre d'entre eux assurent la promotion d'idées et de vues dépassées à seule fin de se faire bien voir des services des rectorats et du ministère.

Et si Châtel faisait un plan « Crétins et débiles pré-obscurantistes », tant qu'il y est, pour nettoyer l'Éducation nationale ?


Ecole française, mauvaise note sur toute la ligne
Mais le pire, c'est que tous les partis politiques sans exception sont d'accord pour poursuivre dans la même voie et que plus personne n'écoute les courageuses voix isolées d'un Brighelli ou d' une Natacha Polony.

Maintenant, il y a ce que PISA se garde bien ou, en tout cas, oublie de dire : les pays les plus en difficulté, en dépit des moyens qu'ils allouent, comme l'Allemagne ou la France, ou encore l'Angleterre  sont aussi des pays de très forte immigration. Bien évidemment, cette réalité vient se superposer à la carte des élèves en difficulté dans les deux pays. Et encore, la France a notablement amélioré ses résultats pour les générations issues de l'immigration, bien qu'elle accuse encore un fort retard. Il est vrai qu'il est plus facile de faire le « kéké »  quand il n'y a que 100 000 immigrés dans un pays ; quand cela frise les cinq millions, comme en France ou en Allemagne, avec une très forte majorité de surcroît de culture vraiment différente, c'est tout autre chose.

Notre pays s'est habitué, sous la pression politique et pédagogolâtre à l'escroquerie intellectuelle pour mieux masquer l'inanité de ses pratiques et de ses méthodes. Ce qu'il en est de la lecture est très joliment évoqué ces derniers jours par Natacha Polony.

Pour reprendre en main l'Éducation nationale, il faut une force politique déterminée et un commando chargé de nettoyer les Écuries d'Augias. Je crois à l'intelligence des enseignants. Ils n'ont pas besoin des millions de tonnes de papier de consignes plus idiotes les unes que les autres qu'on leur envoie chaque année. Partout où les enseignants résistent aux pressions des administrations centrales, les résultats scolaires s'améliorent. Parce que la Bretagne a toujours refusé les pédagogoconneries des pédagolâtres, elle s'est montrée de longue date la meilleure élève de notre système scolaire.

Regardez l'entourage et les conseillers de Châtel : on y parle d'excellence mais on promeut la compétence. Ces gens-là n'ont aucunement l'intention de reconstruire notre école.

J'ai l'espérance de croire que Bayrou peut être celui qui reprendra en mains notre système. Il lui faudra s'affranchir du programme de son parti, comme je l'ai déjà dit, et je le répète. Cela suppose un sacré coup de balai chez les experts auto-proclamés et autres sociologues des sciences de l'éducation.

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28 novembre 2010 7 28 /11 /novembre /2010 19:25

Un petit clin d'oeil sur la délocalisation. Apparemment, il reste des domaines où l'on pratique à l'inverse. Pourrions-nous appeler cela LA RELOCALISATION?

 

Article reçu par Marianne 2.

 

Et si le cannabis était un nouveau produit du terroir ?

Hexaconso - Blogueur Associé | Samedi 27 Novembre 2010 à 05:01 | Lu 6030 fois
 

Culture made in France, faisant vivre les petits exploitant contre la grosse machine de la mondialisation. Quid de ce produit fanco-français? Hexaconso nous explique comment le cannabis cultivé en France coupe la chique à la résine marocaine.



On vous le disait depuis un petit moment : le Made in France est porteur. On en a maintenant la preuve, avec un nouveau produit du terroir, dont la culture se relocalise à grande vitesse, et qui connaît une croissance à faire rêver tous les industriels de France : le cannabis !«  »

Eh oui, l’herbe Made in France détrône aujourd’hui la résine marocaine ! Selon le rapport de l’Observatoire national de la délinquance, les consommateurs de cannabis achètent de plus en plus made in France… En effet, 50 pour cent de l’herbe consommée en France est désormais produite sur place. On assiste à l’émergence de la culture du cannabis dite « indoor » dans l’Hexagone. En clair : le cannabis est cultivé directement dans les banlieues, au plus près du consommateur.


Et si le cannabis était un nouveau produit du terroir ?
Aujourd’hui, cette « culture » s’est professionnalisée. L’herbe pousse dans des hangars, sous lumière artificielle. Le « cannabiculteur » français est passé du stade artisanal à la production de masse. Avec une multitude de groshops, ces chaînes de magasins qui fournissent sur la Toile de quoi monter sa propre exploitation, pour participer à une sorte de franchise de la production de stups. Pas moins de 400 groshops existent désormais en métropole, assure David Weiberger, de l’Institut National des Hautes Etudes de Sécurité et de Justice (INHESJ), la plupart se présentant astucieusement sous une activité anodine de jardinerie.

Terminée donc l’image du gentil baba cool cultivant ses quelques pieds dans le Larzac, ou du jeune cultivant sa « consommation personnelle » dans son placard ou sur son balcon. Place à l’industrie, financée par des groupes criminels organisés. Bon, la production Made in France n’arrive pas encore à la cheville de la production Made in Italy, où le sud du pays concentre des productions à très grande échelle (un million de plants détruits récemment dans une seule « plantation »), mais c’est quand même la preuve que la fabrication française peut être compétitive. Et que rien ne remplace la proximité avec le client !


Retrouvez tous les articles de Hexaconso sur son blog

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21 novembre 2010 7 21 /11 /novembre /2010 19:49

  Depuis mes débuts en 1972 en école maternelle, j'ai toujours pensé qu'il ne fallait pas évaluer les enfants dès leur plus jeune âge. D'ailleurs, à cette époque très "détendue", nous n'avions même pas le droit d'émettre un commentaire oral sur  le moindre dessin d'un élève car cela risquait de le traumatiser. Je ne me retenais pas de dire à un enfant légèrement démotivé qu'il aurait pu faire mieux en y réfléchissant un peu plus. Quelques années après, les pédagogistes, et par là l'institutionde l'Education Nationale, ont considéré qu'il fallait EVALUER les élèves dès l'âge de 3 ans, ce qui m'a semblé une monstruosité psychologique extrême. Car coller des notes à un enfant de moins de six ans, et même plus, ne fait que le déprimer et le retenir dans son évolution qui ne devrait passer que par le jeu. Au début, j'ai pu résister, voire tricher,  car cette "idée novatrice" permettait encore une certaine souplesse. Puis lorsque les programmes officiels de 2002 ont été créés, ma hiérarchie m'a imposé d'écrire noir sur blanc des évaluations sur fiches à transmettre aux parents qui renforçaient l'échec de leur enfant si c'était le cas. Moins j'étais convaincue, plus je devais OBEIR. Parenthèse: Ce qui allait parallèlement avec les méthodes lecture...

 J'apprends à ce jour que l'idée de la suppression de la notation émanerait des pédagogistes qui m'ont imposé ce système.

Surprise extrême!!! 

Auraient-ils retourné leur veste ou suis-je trop ignare pour comprendre sur quoi sont fondées leurs motivations et leurs injonctions? Je constate en tout cas que sur la liste des premiers signataires, je ne trouve pas Philippe Meirieu, mon ennemi mortel en pédagogie depuis le premier jour de son apparition sur la sphère éducative: docteur autoproclamé des Sciences de l'Education, une branche des sciences humaines très alléatoire, ce monsieur n'a jamais tenu que des discours issus de ses propres contradictions, passant du verbiage au sophisme. J'ai du mal à croire que cet appel soit issu des pédagogistes. Je viens aussi d'entendre une émission sur France Inter avec Serge Tisseron qui affirmait que la notation sur de jeunes élèves était totalement destructrice.

http://sites.radiofrance.fr/franceinter/em/lateteaucarre/index.php?id=97651

Pourquoi la France reste-t-elle toujours en retard si l'on tient compte des systèmes nordiques qui ne font auncune référence à la note?

 

00
Pascal Bavoux, Directeur de Trajectoires-Reflex ;
Eric Debarbieux, Chercheur ; François Dubet, Chercheur ; Jacques Donzelot, Chercheur ;
Daniel Pennac, Ecrivain ;
Marcel Rufo, Pédopsychiatre ;
Michel Rocard, Ancien Premier ministre ;
Louis Morin, Directeur de l'Observatoire des inégalités ;
Agnès Florin, Chercheuse ;
Jean-Marie Petitclerc, Directeur du Valdocco ;
Nicole Catheline
, Pédopsychiatre ;
Thomas Sauvadet
, Chercheur ;
Paul Robert, Principal de collège ;
Aziz Jellab, Chercheur ;
Axel Kahn
, Généticien ;
Eric Maurin, Chercheur ;
Pierre Merle, Chercheur ;
Patrice Bride, Secrétaire général de Cahiers Pédagogiques ;
Boris Cyrulnik
, Psychiatre ;
Richard Descoings, Directeur de l'Institut d'Etudes Politiques de Paris ;
 
L'appel Pour aller plus loin

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3 novembre 2010 3 03 /11 /novembre /2010 19:28

 

Un article de Jean-Paul Brighelli tansmis par Marianne 2 .

Je n'ai apparemment plus la possibilité de copier l'article en entier.

Je vous convie donc à vous rendre sur ce lien.

 

 http://www.marianne2.fr/Comment-la-Maternelle-doit-casser-l-enfant-roi_a199234.html?com#last_comment

 

CLASSE LE PLESSIS 004

  Photo Sol'R

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