Voici un moment que je souhaitais répondre à mon « collègue » blogueur Racaille du 69 sur les questionnements qu'il se pose après la mort de son père,ici.
Peu douée en diplomatie, j'y ai bien réfléchi et lui réponds en mon âme et conscience par cet article, en espérant être au plus près du sujet...sans le perturber sur ses propres impressions.
Au plus profond de moi, la question de la vie et de la mort, je me la pose presque chaque jour depuis mon adolescence.
Les deuils et la peur de perdre un enfant n'ont rien changé de mes valeurs et de mes implications. Car pourquoi avoir peur de mourir si l'on n'a pas vraiment envie de vivre ?
Comme le désir de vie n'est pas spontané en moi, j'ai fini par me dire que si la vie m'avait été donnée, il serait dommage de ne pas en profiter, au sens le plus positif du terme.
Il me semble que l'expérience et les années m'ont forgé une façon d'aimer la vie qui évolue, avec des fluctuations, mais toujours dans le même sens :
« vanitas vanitatum, omnia vanitas, vanité des vanités, tout est vanité. »
Source, ici
Mes choix de vie - l'indépendance, une profession qui allie mes idées à mes goûts, la conception d'un enfant, les engagements associatifs, etc - ont toujours été conduits par une réflexion profonde qui me permettait de limiter mes pulsions trop excessives. In fine, à l'âge de 55 ans et alors que je n'ai plus aucune obligation, je me dis que la vanité mène la plupart des Hommes. Car, maintenant que je suis libre et peu intéressée par les tâches ménagères du quotidien, chaque matin j'ai la possibilité de me demander : « Quel est le mieux pour mon bonheur ? » car « charité bien ordonnée commence par soi-même ».
Et je vois, suivant les périodes, car j'ai tout de même un tempérament foncièrement instable, que j'ai plus ou moins trois types de réactions :
- - Si je me sens anxieuse, je deviens nerveuse et vais automatiquement vers les autres, dans le virtuel comme dans le réel. J'ai alors la sensation que la communication résout toutes mes angoisses. C'est donc moi qui ai besoin des autres parce que je ne vais pas bien! Donc faiblesse et dépendance.
- - Si je me sens inspirée, je crée en écrivant et en faisant des collages que je souhaite transmettre aux autres. J'en suis très fière - enfin pas toujours! - et j'ai la bêtise de m'imaginer que l'on parlera encore de moi après ma mort. Donc, vanité.
- - Et si je me sens bien, je n'ai plus le désir de communiquer ni celui de créer. Car à quoi bon se surpasser si l'on est heureux de vivre? Et j'en viendrai là à: «Beati pauper spiritu sunt»,«bienheureux les pauvres d'esprit»! Plus de vanité...à quoi bon «faire»?
Ce qui est très compliqué, c'est que je suis heureuse de ne pas être pauvre d'esprit. Mais il me semble que plus les humains sont intelligents plus ils se posent de questions.
Alors, à quoi bon entrer dans des notions de valeur où il serait plus « humain » d'aider son voisin « géographique » qu'un mec ou une nana sur le net ?
A quoi bon s'imaginer qu'aider les autres serait le summum du Bien ? N'est-ce pas surtout un moyen d'épanouir son narcissisme ? De la même façon que de créer des trucs qui ne serviraient qu'à justifier notre passage éphémère sur cette terre ?
Même si je suis convaincue que « tout est lié », je pense que nos interactions sont tellement infimes et nos intentions si individuelles, qu'il vaut mieux ne plus s'imaginer qu'il y aurait une forme supérieure d'amour ou d'altérité...
Je ne vois donc pas comment l'on pourrait créer des catégories ou des notions de valeurs sur le terrain de l'affect. Chaque être humain donne ce qu'il peut et dans les domaines de ses compétences...Quel qu'en soit le mode, c'est déjà ça ! Notre société a évolué vers « une communication différente et complexe ». Si l'on est heureux avec ce principe, tant mieux ! Quand mon voisin de palier qui me fait des sourires à longueurs de temps, m'emmerde et me réveille en claquant sa lourde porte, je n'ai pas envie de lui faire plaisir. Mais quand des petits cons lui ont brisé la fenêtre de sa cuisine, je me fends en quatre pour l'aider car il ne maîtrise pas bien la langue française !
Pour moi, les notions de valeur émises par de nombreux blogueurs me semblent un tantinet schématiques !
Et moi, quand j'ai tout fait pour oublier mes doutes, je suis heureuse ...et n'ai plus qu'une seule envie :
Jouer avec les couleurs et fabriquer des fringues, ou autre objet inutile, tout en écoutant - et regardant à moitié - des séries policières ou des documentaires très flippants qui me permettent de relativiser la douleur et remplacent les anxiolytiques...Car tout est relatif et la douleur des autres diminue la mienne.
Mon père était artisan.
Peut-être m'a-t-il légué en plus de son caractère, ses compétences ?
Et j'avais oublié : il paraît que les activités sportives équilibrent. Comme je les déteste, on pourra toujours dire que j'ai une carence et ne puis m'épanouir !
In fine, il me semble que lorsque qu'on met son ego de côté, l'on va déjà beaucoup mieux !
Au Pays des Merveilles d'Alice





Derniers Commentaires