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18 avril 2010 7 18 /04 /avril /2010 17:10

Un monde sans fous ?
France 5, mardi 13 avril, 20h35

Documentaire de Philippe Borrel, 2009, 52 min.


J'ai beaucoup apprécié ce documentaire présenté par F5 dans l'émission documentaire "La Vie en Face".

Pour une fois, le domaine de la folie est traité d'une façon très ouverte, voire très politisée. Point de voyeurisme ni d'incitation au rejet des malades mentaux commme semble le faire Nicolas Sarkozy aujourd'hui. Ni plus de paranoïa envers les paranoïaques.

Un état des lieux très précis et engagé sur les insuffisances de la psychiatrie actuelle et les moyens qui lui sont donnés:

- Manque de budget, de lits en H.P, de moyens de suivre les malades en milieu "ouvert".

- Manque de médecins spécialisés en psychiatrie: seraient-ils dégoûtés par la  rigidité et l'outrance de théories qui nuisent à l'évolution de la connaissance. Chacun restant enfermé dans ses positions.

Soit  freudiennes - un tantinet archaïques et n'ayant pas fait leurs preuves - ,soit cognitivo-comportementalistes, soit carrément neurologiques.

- Régression des mentalités: l'acceptation de la différence devient plus difficile quand l'on ose croire que l'on doit être "le meilleur" dans un monde où la réussite a valeur de reconnaissance et de pouvoir. La norme devient de plus en plus intransigeante...

et je me souviens des propos de mon prof de philo:

"La norme, c'est la règle. Qui a créé la règle? L'homme. Alors en quoi serait-elle une valeur sûre puisque l'homme est par définition humain, soit susceptible d 'erreurs".

Que M. Czarnecky me pardonne si je n'ai pas  cité exactement ses propos, mais j'espère que vous en aurez saisi le sens.


Il me semble que la complexité de la maladie mentale obligerait à créer un consensus entre toutes les orientations, ce qui est bien loin d'être le cas, chaque école étant  convaincue de détenir la vérité et la solution qui l'accompagne.

Mais le sujet n'intéresse ni les pouvoirs publics, ni le beauf du quartier.

Alors, que l'on ne se plaigne plus des dérives des personnes mentalement perturbées!

 

Un-monde-sans-fous-1Chambre d'isolement avec lit de contention.

 


Voici l'article publié sur le Forum des Bipotes

 

Il fallait absolument détruire les asiles, mais il ne fallait pas qu'on enlève aussi les soins, regrette le Dr Hervé Bokobza. On a confondu la réforme de fond de l'asile avec la destruction de l'asile.» © Cinétévé Quelle place notre société réserve-t-elle à la maladie mentale ? Services de psychiatrie, rues, prisons… ce documentaire, diffusé dans Le Monde en face, arpente les lieux où échoue la folie pour y interroger ceux qui la vivent et ceux qui y sont confrontés. De l'enfermement aux soins au long cours, il évalue chaque réponse sur fond de réforme gouvernementale de la psychiatrie publique. La psychiatrie publique n'est pas engoncée dans une camisole de force. Ses frontières bougent. Il y a cinquante ans, elle a ouvert la porte des asiles pour installer le soin psychique au plus près des patients. Le parcours de Frédéric est un condensé de cette évolution. « On peut dire que j'ai eu de la chance par rapport à d'autres, témoigne-t-il. J'ai pété les plombs. Je me suis retrouvé à l'hôpital. Trop longtemps. J'étais enfermé. Puis j'ai changé de service parce que ma famille s'inquiétait de me voir végéter, baver, grossir, ne plus penser. Ensuite ç'a été : appartement thérapeutique pendant trois ans, appartement protégé, puis retour à la vie. Ça va mieux. A une époque, je ne me suis pas senti en sécurité ici, en plein après-midi, avec les pêcheurs et les cyclistes. » Depuis dix ans, il est suivi par l'équipe soignante d'un centre médico-psychologique. Environ 250 patients psychotiques peuvent y être reçus en urgence « quand ils estiment qu'il y a du danger pour eux ou pour les autres », souligne un infirmier, très fier de travailler dans un dispositif qui privilégie les soins au long cours, la parole et les liens patiemment tissés. La « chance » de Frédéric, c'est d'avoir été recueilli par l'une des rares institutions où l'approche humaniste a réussi, tandis qu'ailleurs la psychiatrie publique a fermé 50 000 lits en trente ans. Sulleman, lui, a fait les frais de cette gestion en flux tendu de patients en crise. Ce schizophrène est décédé à l'âge de 42 ans, en 2006, marginalisé. Sa sœur se souvient : « Il a erré de foyer en foyer, puis de rue en rue. S'il avait pu bénéficier de soins adaptés, cette tragédie aurait pu être évitée. » Aujourd'hui, un tiers des sans-abri souffriraient de pathologies mentales. « Il fallait absolument détruire les asiles, mais il ne fallait pas qu'on enlève aussi les soins, regrette le Dr Hervé Bokobza. On a confondu la réforme de fond de l'asile avec la destruction de l'asile. » Le parcours « bien balisé » d’un fou en France C'est le début d'un cercle vicieux dont on explore ici les mécanismes. « Le parcours du fou est bien balisé : c'est un aller-retour entre la rue, le foyer, ce qu'il reste de l'hôpital psychiatrique et la prison », résume le vice-président du tribunal de grande instance de Paris. « On juge des gens et on s'aperçoit, une fois qu'ils sont arrivés en détention, qu'ils ont des maladies mentales. Elles auraient dû être prises en compte quand on les a jugés », enchaîne la présidente du Syndicat de la magistrature. Et l'écrivain Catherine Herszberg (Fresnes, histoires de fous) de dénoncer la focalisation des pouvoirs publics sur les questions sécuritaires : « C'est une interrogation politique majeure sur l'état d'une société, quand on en vient à se dire que le dernier lieu où certaines personnes trouvent des soins, c'est la prison. » La santé mentale en question Un changement s'impose donc. C'est l'avis du président Nicolas Sarkozy, qui s'appuie sur des faits divers impliquant des déséquilibrés pour imposer la réforme Bachelot. Déjà impopulaire, elle se veut gestionnaire et s'appuie sur les thèses comportementalistes d'Amérique du Nord. Ses idées ? La rééducation est moins chère et plus rapide que les soins au long cours. Plus grave, dans les coulisses du pouvoir, des scientifiques œuvrent pour remplacer le terme de folie par celui de santé mentale. La psychiatrie ne s'occuperait plus seulement des névroses et psychoses mais aussi de la dépression, de l'anxiété, de la déviance sociale… Ce mouvement estime qu'un Français sur quatre rencontre des problèmes de santé mentale. « Pouvons-nous nous passer d'un quart de nos ressources humaines, se questionne cette partisane. Au-delà des discours humanistes qui ne changent rien au problème, attaquons-nous à la question de la santé mentale avec des causes précises et des enjeux chiffrés. » La traque systématique de ces troubles prend forme avec ces programmes de détection, destinés aux écoles et aux entreprises, déjà développés. A la grande inquiétude de ce psychiatre qui avertit : « S'attaquer aux libertés fondamentales des plus exclus d'entre nous augure de ce qui pourrait arriver au reste de la communauté. » Gaël Nivollet http://www.france5.fr/et-vous/France-5-et-vous/Demandez-le-programme/LE-MAG… 1ère diffusion version 52 mn, Mardi 13 avril à 20h35, sur France 5 puis version de 66 mn disponible à partir du 20 avril sur http://www.mediapart.fr/ avec accès en ligne à des entretiens en bonus par BORREL Philippe Collection : Questions actuelles dirigée par Yannick Breton Nombre de pages : 176 Document Acrobat® pdf (Ebook) 9.00 € Version imprimée (Livre) 18.00 € Nouveauté En partenariat avec un documentaire (du même nom) diffusé par France 5 mardi 13 avril à 20h 35. « J’ai rencontré des soignants, des patients, leurs familles, des psychiatres, des magistrats, des psychologues, des internes, des bénévoles et des élus. Ce livre est une loupe grossissante qui met en évidence certains enjeux – politiques – du nouveau monde que nous sommes en train de voir naître en ce début de siècle. Un monde sans fous ? Un monde où un idéal quantifiable de bien-être psychique généralisé serait bientôt possible grâce à des programmes de Santé mentale pour tous, « un meilleur des mondes », une fiction neuro-économique, une folie… » Philippe Borrel, auteur de l'ouvrage et réalisateur du film. La folie déborde dans les rues et en prison. Faute d’avoir trouvé une prise en charge adéquate dans les services d’une psychiatrie publique en crise profonde, les malades psychotiques chroniques se retrouvent de plus en plus exclus de notre société. Et au même moment nous assistons au retour des chambres d’isolement, des camisoles et des médicaments administrés sous contrainte. Pourtant des voix s’élèvent pour dénoncer ce climat de violence et d’abandon que l’on pensait aboli. En 2010, le parlement Français doit voter une réforme de la psychiatrie et fixer les objectifs d’une nouvelle politique de SANTÉ MENTALE. On ne parle plus de folie mais de troubles cérébraux... plus de malaise dans la société mais de comportements à rééduquer... En encourageant des programmes de détection et de prévention dans les écoles ou dans les entreprises, ce projet de loi ne concernera pas les seuls malades psychiques, ou leurs familles, mais l’ensemble des Français. Avec Roland Gori, Marie-Anne Montchamp, Hervé Bokobza, Yves Agid, Olivier Labouret, Marion Leboyer, Patrick Chemla, Christophe Dejours, Michaël Guyader, Franck Chaumon, Serge Portelli, Jean Oury, Antoine Lazarus, Daniel Zagury Emmanuelle Perreux, Pierre Suesser, Brigitte Font le Bret, Sylviane Giampino, Catherine Paulet, Mathieu Bellahsen, Catherine Herszberg et des soignants, des patients. Et dès le 18 mars en librairie, sortie du livre d'entretiens complément du film, publié aux Editions du Champ social http://www.champsocial.com/ouvrages/ouvrage.jsp?id=616 la bande annonce :


 


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commentaires

fred 16/12/2011 23:42


Sur que je le suis. D'ailleurs je suis tout !

Alice 17/12/2011 00:04




Ben moi aussi, d'où mes débordements... de folie. C'est sûr que les cons de beaufs, ils ne peuvent pas comprendre.
Comme mes attaques de panique quand je me perds sur la route et qu'un nerveux transpirant déguisé en militaire (un vrai ou un faux?) me prend pour une débile car je perds tous mes moyens si on
me met la pression quand je suis fatiguée. Je te laisse car je vais commander des produits Bio et compléments naturels. J'ai toujours su éviter l'HP ... et je m'en porte mieux. Lors de ma
première crise, ma mère m'a laissée tomber et ma fille a paniqué mais m'a foutu la paix.Coup de chance! Parcours mon blog si tu as le temps. C'est une mine de renseignements sur des sujets
divers. Car je suis ouf... dans tous les domaines. Biz.







fred 15/08/2011 23:06



Bonsoir, je suis le fred du docu, je vais bien, je vis toujours en liberté et je suis toujours suivi de suffisament prés par l'equipe du centre A Artaud...Ma fille à maintenant cinq ans, elle
grandit !



Alice 16/12/2011 22:56



Super! Moi je vais pas mal non plus... si ce n'était les em... dues à l'État.


Désolée pour ma réponse si peu rapide, je cours après le temps à déafut de mes rêves.


Je t'embrasse, en espérant que tu suis le retour de ton commentaire.



Reynald 19/04/2010 19:13



Reprenant la balle au bon, je pense qu'on vit dans une société d'intolérance où une élite veut un environnement net, sans taches. Or les "fous" font tache, comme les handicapés, les vieux, les
pauvres. Tiens, ces connards qui imposent à la bonne société une vision foire-du-tronesque de la société, même pas foutus de se saper chez un couturier, pourtant il y a le choix.
Pour l'heure, le larbin du CAC40 veut cacher le "problème" des fous. Une cellule de sécurité, çà coûte deux ans de salaire d'un soignant, on peut l'utiliser 20 ans et çà remplace assez de
personnel pour être une très bonne affaire.
Intégrer "les fous" dans la société implique + ou - tout le monde. Quoique, ce qui était ressenti comme gênant, c'était de les voir gesticuler en parlant tout seul.... l'objection est maintenant
sans valeur.
Donc on peut se permettre le luxe d'arrêter de torturer "les doux dingues" pour tenter de les rendre normaux. On cessera ainsi de fabriquer des fous furieux.
Reynald



Blutch 18/04/2010 20:22



La gestion "musclée" de la folie permet de se débarrasser de ses opposants
Staline enfermait ses opposants dans des asiles psychiatriques au prétexte que ne pensant pas dans la ligne du parti, ils étaient fous.
Nicolas Sarkozy se prépare à pouvoir faire de même en mettant tout et n'importe quoi dans le contexte de santé mentale. Ben oui, il faut certainement être fou pour ne pas apprécier à sa juste
valeur la gouvernance suprème de Mégalo 1er...
Reste une incertitude:
La phase suivante, c'est la crémation ou la Sibérie.

Il fut un temps pas si éloigné que çà où on foutait une paix royale aux fous. Pardon, à l'époque, c'étaient des Brezons (et autres variantes selon les patois).
Ils parlaient tout seuls en s'inventant un monde à eux, la belle affaire, il pouvait exulter leurs phantasmes et ne devenaient pas dangereux.
Lefebvre, pas le con, l'autre, Jean Lefebvre avait magnifiquement interprété un Brezon dans "un idiot à Paris".
Un village normal avait:
1 église au moins
1 mairie
1 bistrot au moins, quoique 2 c'est mieux.
1 épicerie
1 brezon
Le fou du village était une institution. Mais dans les beaux quartiers, çà fait "cheni", alors on enferme, on maitrise, on contrôle, on médicamentise et on attache; bref on met un couvercle
étanche sur la marmite.....et çà explose. Alors on rajoute des sécurités, des barrières, sans se demander si on n'aurait pas un petit peu pris le problème à l'envers du bon sens.

Il n'y a pas plus d'assassins chez les schizos que dans la population "normale". Et lorsqu'il passe à l'acte, il a un parcours psychiatrique pas cadeau...
Blutch



Alice 19/04/2010 17:53



Je te remercie de confirmer mon constat. Mais comme je suis très pessimiste, je me demande ce que nous pourrions faire pour inciter Sarko à réviser ses positions.


Selon ce que j'ai pu retenir de l'émission, le manque de moyens aurait été la première cause à laisser tranquilles et accepter les fous dans notre
société.


Ce que je trouve étonnant c'est que les difficultés de moyens actuelles parviennent à obtenir un résultat inverse.


Qu'en penses-tu Reynald?



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  • Passionnée par la frontière entre la norme et l’exception. Trop longtemps enseignante, j'ai rendu les armes plus tôt que prévu et je me consacre à ce que j'aime: l'écriture, les arts plastiques et les débats de société... et ça va chauffe
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