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20 novembre 2009 5 20 /11 /novembre /2009 01:59

 

 Pour ceux qui s'intéressent à toutes les différences!

L'histoire de la psychiatrie est passionnante car cette discipline a pataugé dans les marécages de la méconnaissance.
On peut dire avec certitude que ce domaine de la médecine est loin de pouvoir être considéré comme une science exacte. Car nous, fous en tous genres, nos difficultés existentielles ont été mises entre les mains de spécialistes divers et variés, soignants, prêtres exorcistes comme juristes. Mélange de neurologie, psychologies, imaginaire (Freud), religions, experts soi-disant "reconnus", elle devient aujourd'hui l'outil de la répression policière.

Lire "Histoire de la Folie": Foucault et Claude Quetel.

                 

G. de Chirico, Les Muses inquiétantes (Huile sur toile)
 

De : Groupe des 39 - La Nuit Sécuritaire [mailto:lanuitsecuritaire@collectifpsychiatrie.fr]
Envoyé : vendredi 20 novembre 2009 00:58
À : nuitsecuritaire1@collectifpsychiatrie.fr; nuitsecuritaire2@collectifpsychiatrie.fr; nuitsecuritaire3@collectifpsychiatrie.fr; nuitsecuritaire4@collectifpsychiatrie.fr; nuitsecuritaire5@collectifpsychiatrie.fr; nuitsecuritaire6@collectifpsychiatrie.fr
Objet : [nuitsecuritaire6] La lettre du groupe des 39 : programme du forum du 28 novembre à Montreuil.

 

Collectif des 39

Contre La Nuit Sécuritaire

La psychiatrie se verrait-elle expropriée de sa fonction soignante, pour redevenir la gardienne de l'ordre social ?

Nous, citoyens, professionnels du soin, du travail social, refusons de servir de caution à cette dérive idéologique de notre société.

 


Sommaire :

1.     Programme de la journée du 28 novembre, à la Maison de l’arbre à Montreuil : Quelle hospitalité pour la folie ?

2.     Texte d’Hervé Bokobza : Texte introductif à l'une des tables rondes de la journée de samedi 28 novembre 2009 : A l’heure des protocoles et de l’industrialisation des soins

3.     La revue Sud/Nord a publié les textes des intervention du meeting de Montreuil du 7 février qui avait réuni 1789 participants.

4.     Appels aux Cahiers pour la folie

5.     Création d’un réseau de résistance : les bases d’un mouvement pour mettre en valeur chacun de nos actes de tous les jours, tous ces actes pour ne pas se laisser faire qui sont trop vite oubliés

6.     Prochain forum avec participation du groupe des 39 à Le Thor, au colloque du point de capiton

7.     La pétition, déjà signée par plus de 26 000 personnes.


 

Collectif des 39…                              

                          …contre la nuit sécuritaire

 

Rencontre Nationale :

Quelle hospitalité pour la folie ?

Non:
 - au retour des gardiens de fous
 - au grand renfermement
 - à l'abandon, au tri, à la mise à l'écart

 

Au programme :  la question de l’industrialisation de la santé, l’évaluation, les protocoles, la déshumanisation,

puis un temps sur les soins contraints et les dérives sécuritaires, l’usage systématisé des chambres d’isolement

et enfin la réflexion sur les moyens de résistance, de coordination, pour défendre nos pratiques cliniques. 

 

SAMEDI 28 NOVEMBRE 2009

à la maison de l'arbre et de la parole errante

9, rue François Debergues, à Montreuil.

 

Inscriptions :  http://www.collectifpsychiatrie.fr/phpPetitions/index.php?petition=7

Et toujours plus d’infos dans les prochaines newsletters…

 

Preprogramme de la journée du 28 novembre

 

Présentation   "une politique pour la folie" par Guy Dana

 


Table ronde n°1   « A l’heure de la rétention, de l’enfermement, et de la banalisation de la contrainte »
 Invité : Serge Portelli

Présidente de séance : Marie Cathelinau
Intervenants : Béatrice Benattar, Antoine Machto, Philippe Bichon, Elie Winter
Discutant : Michaël Guyader
 

Table ronde n°2    « A l’heure des protocoles et de l’industrialisation des soins »
 Invité :Yves Clot
Président de séance : Patrick Chemla
Intervenants : Serge Klopp, Bénédicte Maurin, Hervé Bokobza, Bruno Tournaire-Bacchini

 
Table n°3    « Défendre la folie »

 Invité : Patrick Coupechoux
Discutant : Roger Ferreri

Présidente de séance : Alexandra de Séguin
 
 Table n°4      Convergences et Résistances : comment construire et affermir un mouvement au sein de la psychiatrie ?
Président de séance : Mathieu Bellahsen
 Invités: Jean Pierre Martin (politique de la peur), Remi Pottier (Appel des appels)
 1-
       Intercollectifs 
: politique de la peur et appel des appels
            2-        Collectifs des 39 
: les 39 du 93, Val de la Folie, 17/89, Reims, Oise…
                      3-     Perspectives:  Actions menées, réflexions en devenir (et vice versa)

Toutes les tables rondes seront suivies d'un débat avec la salle

 


 

Texte introductif àl'une des tables rondes de la journée de samedi 28 novembre 2009

 

A l’heure des protocoles et de l’industrialisation des soins

Tout acte de soins en psychiatrie s’articule autour d’une triade incontournable : ce que je suis, ce que je sais, ce que  je fais. Cette articulation ne suppose aucun compromis, ne supporte aucune préférence pour l’un ou l’autre de ces trois composants ; elle détermine notre éthique, la soutient dans sa nécessaire et indispensable  réflexion que suscite tout acte soignant.

Cette éthique est une éthique du doute, de l’engagement, de l’incertitude. En ce sens elle nous convoque à une évaluation permanente de nos actes. Ainsi l’évaluation des pratiques professionnelles est au cœur de notre profession.

Tout le travail d’un collectif soignant repose sur ce postulat : échanger, confronter, améliorer, inventer. L’évaluation est alors un mode vivant de construction d’une pensée autour, et avec les patients. Elle participe dans ce contexte de l’évolution de la relation du collectif soignant avec les patients.

 

Depuis les années 80, la discipline psychiatrique s’est trouvée progressivement phagocytée  par la dynastie du sigle (dms, dsm, rmo, etc.) , tremplin à celle du chiffre : les logiques gestionnaires , sous couvert de meilleure utilisation de l’argent public , ont progressivement mis en place une formidable machine de destruction de la discipline .

Empruntée au management pratiqué dans les grandes multinationales la démarche qualité devient le concept maitre de tout le discours administratif. Celui-ci s’est largement abreuvé du langage clinique, le passant à la machine de la rentabilité, nous nous trouvons aujourd’hui dépossédé de notre outil de travail : la langue. Sous couvert de la démarche qualité synonyme de la modernité des soins, l’acte soignant est standardisé, uniformisé, quantifié. Dans les institutions sanitaires et médicosociales, elle trouve ses applications dans les démarches d’accréditation et de certification.

Se soumettre ou se démettre tel est l’enjeu fixé par les pouvoirs en place.  Mais se soumettre à quoi ? Tout d’abord se soumettre pour se soumettre, introduire un processus de colonisation mentale à même de nous entrainer à subir des diktats étrangers à notre pratique.

L’absurdité des référentiels et des protocoles qui les sous tendent est destinée à nous aliéner au pouvoir administratif avec de graves conséquences pour notre pratique : le pré pensé, le kit de bonne conduite, le soin du protocole devraient devenir nos références théoriques.

L’introjection d’une pratique surmoïque des plus basiques  est l’objectif recherché ; ainsi les rituels de soumission sociale ( RSS)  devraient  accomplir leur œuvre destructrice en expropriant les soignants de leur fonction première, à savoir l’élaboration par eux mêmes et avec les patients de leur projet de soins.

 

L’attaque est inouïe, frontale, massive.

Elle balaie des décennies de praxis car elle dénie la position subjective, elle chosifie le soignant, elle détériore l’existant, elle annule dans ses attendus et ses prétentions ce qui fonde la pratique, à savoir la question du sens. 

Tout patient se pose toujours la question du pourquoi ou du comment ; la même question est reprise par le soignant.

Les protocoles, les démarches accréditives , les démarches « qualité » ignorent superbement ce fondement de notre discipline ; plus même ,elles le dénigrent, le rejettent.La question et la pensée élaboratrice, qui s’en suit, ont disparu au profit d’une réponse univoque, unilatérale, d’un savoir médical systématisé par l’intériorisation des logiques administratives.

 

C’est une novlangue qui nous est imposée. Une véritable conversion nous ordonnerait de dénier le fait psychopathologique, de ne plus penser la folie, de ne plus imaginer que nos actes ont un sens /des significations qui nous restent inconnues, et imprévisibles. Il nous faudrait promouvoir le raisonnement au scalpel, l’asepsie de l’espace mental, le blanc de l’a-conflictualité psychique.

 

 

Kant, déjà affirmait : « Tout a ou bien un prix ou bien une dignité. ON peut remplacer ce qui a un prix par son équivalent ; en revanche, ce qui n’a pas de prix et donc pas d’équivalent, c’est ce qui possède une dignité ».

 

Garder sa dignité devient difficile, quand tout est quantifié au chiffre et à la virgule prêt, même quand il s’agit de rencontrer, d’écouter un autre qui souffre.

Comment résister ? Comment créer ?

 

Nous essaierons lors de la deuxième table ronde de cette rencontre nationale de chercher ensemble des éléments de réponse à ces graves questions

 

 Par Herve Bokobza, du groupe des 39

  

Montreuil le 7 février 2009, à la maison de l'arbre à Montreuil, le MEETING du groupe de 39 avait réuni « 1789 » participants.

La revue Sud / Nord vient d’en éditer tous les textes 
> http://www.editions-eres.com/resultat.php?Id=2369

 


Appels aux Cahiers pour la folie

 

 

Prenant acte de nombreux encouragements, témoignages personnels et volontés de créer un "réseau de résistance" (resistancepsy@yahoo.fr), nous désirons créer un outil écrit et/ou numérique qui pourrait consigner et mettre au travail les textes et propositions qui nous parviendront.

Après plusieurs pistes quant au titre, il nous paraît essentiel que la Folie reprenne ses lettres de noblesse comme phénomène de culture, inscrite au sein même d'un lien social à tisser ensemble. Souvent laissée sur le dos des "fous", la folie n'en est pas moins un bien commun universel.

 

Depuis l'appel des 39 en décembre 2008, nous avons reçu beaucoup d'écrits, de réflexions, de lettres au président de la République qui ont constitué des éléments importants d'élaboration. Voulant faire partager ce travail au plus grand nombre, l'ouvrir au delà des cercles psychiatriques, psychologiques et autres, l'idée de ces cahiers nous semble une des pierres de touche des actions que nous avons à bâtir individuellement et collectivement, au niveau local et général, pour constituer un mouvement consistant au sein de la psychiatrie.

 

Bien conscients que ces cahiers en eux-mêmes ne suffiront pas à infléchir le mouvement d'une société, gageons que "ces poussières d'événements" peuvent constituer avec d'autres, un réseau plus large d'actions et de pensées ouvertes et hétérogènes.

 

Pensant, selon les termes de Jean Cassou, que l'action de résistance est "une simple affirmation devant la plus désespérante évidence", à nous de trouver une voie de devenir pour déconstruire les évidences du monde qui nous traverse, pour en proposer d'autres qui accepteraient la différence comme partie intégrante de nous mêmes.

 

Le samedi 28 novembre, lors de la table ronde de l'après midi sur "les moyens de résistance", nous ferons part de ce projet, en déciderons collectivement la forme.

Ces sentiers, pour toute personne ayant rencontrée la psychiatrie, qu'ils soient individuels ou collectifs, pourront témoigner de ces pensées et de ces pratiques, dans ce qu'elles peuvent avoir de raisonnable ou d'insensée, de rudesse ou d'étayage, de robotisée ou de poétique.

 

Nous en appelons à toutes et à tous, pour que ces cahiers soient ceux du plus grand nombre, une de ces balise jetées dans notre monde, pour transformer le naufrage qui guette en de nouveaux horizons, quelques fois entraperçus.


 

Pour la création d’un réseau de résistances

 

resistancepsy@yahoo.fr 

 Depuis un ans, le collectif des 39 mobilise la parole dans un nouveau mouvement, pour redonner droit à la critique et à l’élaboration dans le soin psychique, pour lutter contre la déshumanisation qui touche les patients, comme les professionnels, et de réaffirmer l’humanité de la folie.

Ce mouvement se nourrit des hétérogénéités au sein même des membres du collectif des 39 et au-delà. Parce que nous refusons la rationalité supposée scientifique d’une psychiatrie gestionnaire et sécuritaire, il est impératif de défendre la multiplicité des pratiques, la nécessité de toujours interroger et de faire vivre la critique au sein des différentes orientations présentes dans le champ du soin psychique

Le constat dramatique de la dislocation des liens au sein même des équipes pluridisciplinaires est une réalité dont il faut prendre acte pour mesurer la menace qui pèse sur tout mouvement de partage de la parole et d’élaboration de lien transversaux, nationaux.

Avant de nous retrouver irrémédiablement rigidifiés dans une nouvelle organisation géographique qui n’a de soignant que le nom, construisons ensemble un réseau de résistances.

Cette « menace sur le lien » pèse sur tout mouvement. La mise en réseau des luttes, des résistances, est  une des grandes difficultés. Pourtant, elles existent dans nos pratiques quotidiennes. Nous protégeons le lien thérapeutique, notre outil de travail, par de multiples petits gestes, actes de refus.

Depuis des années déjà, les restrictions dues à la chute des moyens et aussi aux modifications des réglementations d’accueil nous obligent à contourner, à tordre un peu la prescription légale pour maintenir des activités thérapeutiques.

Nous pouvons lister les petites monstruosités dont nous sommes souvent témoins, ces petites choses, parfois invisibles, mais qui s’accumulent, déstabilisent le lien soignant, créent une ambiance aseptisée. Plus que la dénonciation, l’affirmation d’un autre soin psychique possible est une arme d’autant plus forte qu’elle reste de teneur variée.

 

Les résistances sont multiples, parfois isolées, parfois minimes, mais elles existent. Le caractère minoritaire de ces actes, ne doit pas en faire disparaître la force symbolique.

Refuser d’appliquer un protocole absurde et privilègier la singularité, dire non à une "note de service", et favoriser une créativité collective au sein des équipes. Dans nos pratiques quotidiennes, ce sont des actes synonymes de résistance.

Nous voulons donner à ces résistances toute leur force symbolique, celle d'un engagement soignant. Cette résistance doit prendre toute son ampleur par la mise en commun, en réseau, de nos expériences, de nos luttes, réussites et échecs.

 

Ecrivez à resistancepsy@yahoo.fr

 

 


Les Forums itinérants du "collectif des 39- Contre La Nuit Sécuritaire" continuent :

Dans toutes les régions, des colloques, des journées d'études, des associations réservent une partie de leur temps pour un forum " Contre la Nuit Sécuritaire".

·        20-21-22 novembre : à Cavaillon au colloque du point de capiton http://www.le-point-de-capiton.net/Transfert/transfert.htm qui commencera par un forum intitulé « Pour une relation humaine dans les dispositifs de  soin : "une psychiatrie sans transfert est-elle viable ?" à la salle polyvalente de  Le Thor

 


 

Continuez à SIGNEZ LA PETITION, et diffuser cette lettre autour de vous.

 http://www.collectifpsychiatrie.fr/phpPetitions/index.php?petition=1

 


Pour vous désinscrire, utilisez le lien ci-dessous (ou en pièce jointe selon votre logiciel de messagerie).

En cas de difficulté, écrivez à lanuitsecuritaire@collectifpsychiatrie.fr

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commentaires

Blutch 23/11/2009 23:39


Je mesure la comparaison à sa juste valeur.....


Alice 25/11/2009 19:28


Subtile réponse...Ce n'est pas ça qui va faire monter mon Blog Rank! Lol!


Blutch 20/11/2009 15:49


Le retour au tout sécuritaire en psychiatrie est un préalable indispensable pour mettre en place l'étape suivante, qui est la psychiatrisation de tous ceux qui gênent le pouvoir et/ou les gens en
place.
Tous les autocrates ont usé et abusé de ce type de mise au placard qui ne nécessite que la compromission d'un toubib et qui se règle généralement avec une petite rosette et un titre de professeur (
Si, si, dans la profession, le serment d'hypocrite est plus couru que celui d'Hippocrate....)
Même avec une justice qui fait allégeance au pouvoir, l'éviction par voie carcérale a le défaut de devoir mettre des dates de libération. Et avec des prisonniers politiques, Amnisty-International
peut toujours vous tomber sur le paletot, c'est chiant ce formalisme...
Enfermer Untel parce qu'il est fou dangereux n'a pas cette contrainte. La décision d'un médecin coûte moins cher et elle est plus certaine que celle d'un Tribunal, où les juges peuvent n'avoir pas
compris les injonctions politiques.

Le sécuritaire dans la psychiatrie a donc de beaux jours devant lui...

Sceptique? En quoi la moralité du Prince peut-elle être meilleur que celle de Brejnev?


Alice 23/11/2009 17:58



Si certains sont sceptiques, ce n'est pas moi...sinon ma fosse !



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  • Passionnée par la frontière entre la norme et l’exception. Trop longtemps enseignante, j'ai rendu les armes plus tôt que prévu et je me consacre à ce que j'aime: l'écriture, les arts plastiques et les débats de société... et ça va chauffe
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