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24 août 2009 1 24 /08 /août /2009 18:41


MAM annonce des mesures de prévention du suicide en prison. Ses intentions ne seraient-elles pas vaines?
Pour les faits lire l'article de
Quotimed ci-dessous.

 

La ministre de la Justice, Michèle Alliot-Marie a annoncé mardi une série de mesures destinées à lutter contre le suicide en prison. Parmi ces dispositions, principalement centrées sur la prévention et la protection des détenus fragiles, figure notamment la généralisation des « kits de protection », qui contiennent draps et couvertures indéchirables ainsi que des pyjamas en papier à usage unique afin d’éviter les pendaisons. Ils proposent également des matelas anti-feu. « Dès cet automne, des formations seront mises en place pour les personnels afin de leur permettre de détecter les détenus qui présentent un risque suicidaire et de mieux les accompagner », a ajouté la ministre à l’issue d’une visite de la maison d’arrêt d’Orléans.

Par ailleurs, des détenus volontaires seront chargés d’entourer les prisonniers en situation de détresse psychologique, a encore indiqué la garde des Sceaux qui entend préconiser une plus grande transparence de la part de l’administration pénitentiaire quant aux chiffres des suicides en détention, qui sont en effet souvent source de polémique.

Ces différentes recommandations émanent du rapport sur la prévention du suicide en milieu carcéral remis en avril par le Dr Louis Albrand, qui avait été missionné par Rachida Dati, précédente ministre de la Justice.

Selon l’Administration pénitentiaire, 81 détenus se sont suicidés depuis le début de l’année 2009, contre 115 pour l’ensemble de l’année 2008.

› AU. B.

Quotimed.com, le 18/08/2009


Dessin trouvé sur le site de Popette.

Pour un point de vue plus réaliste, voici l'article de Marianne 2.

L'administration pénitentiaire «camoufle»-t-elle des suicides?

Les mesures annoncées par Michèle Alliot-Marie ne satisfont pas l’Observatoire international des prisons. Du coup, l’organisation réplique en révélant un document confidentiel de l’administration pénitentiaire pour le moins troublant…

L’empressement de Michèle Alliot-Marie à se saisir du dossier des suicides en prison laissait entendre que la nouvelle Garde des Sceaux voulait rompre avec l’ère Dati. Mais finalement il n’en est rien. En déplacement à la maison d’arrêt d’Orléans, l’ancienne ministre de l’Intérieur s’est bornée à annoncer une série de mesures d’urgence  qui ne s’attaquent pas aux racines du mal. Parmi les idées avancées par MAM : former les personnels à détecter les comportements suicidaires et généraliser les « kits de protection » composés de draps et de couvertures indéchirables, de pyjamas en papiers et de matelas anti-feu pour les détenus présentant des risques.

Pour Patrick Marest de l’Observatoire international des prisons (OIP), c’en est trop : «  C’est s’attaquer aux conséquences sans jamais vouloir regarder les causes. Ces mesures, c’est le degré zéro du respect de la dignité humaine... » Et le délégué national de l’OIP a décidé de frapper fort. Puisque les annonces du ministre de la Justice ne sont pas à la hauteur, il dégaine un document à l’en-tête de la direction de l’administration pénitentiaire (AP) qui révèle que le nombre de suicides enregistrés l'an passé devrait peut-être être revu à la hausse.


Des décès devraient être reclassés en suicides?

(extrait du document daté du 6 janvier 2009) Qu’apprend-on à la lecture de ce document intitulé « Bilan provisoire des suicides en 2008 » ? Premièrement, que repérer un détenu au comportement suicidaire empêche peu le passage à l'acte : « Sur les 109 suicides en détention, 28,44% des suicidants n'étaient pas repérés comme fragile ou suicidaire. On a donc aussi, en creux, précise le document, 71,56% des suicidants repérés à différents niveaux. » On découvre surtout qu’au 31 décembre 2008, 131 « décès (hors suicide) » ont été recensés et que « parmi ceux-ci 85 sont qualifiés “Autres” (hors “Mort naturelle” et “Homicide”) ». Et pour l’auteur du document de poursuivre : « Il convient de noter que les décès survenus suite à une ingestion médicamenteuse nécessiteraient un examen des résultats d’autopsie et, pour un certain nombre d’entre eux, une possibilité de reclassement en suicide. » Pour Patrick Marest, ça ne fait donc aucun doute : « Il y a des suicides qui sont camouflés car qui définit le reclassement de ces décès en suicides ? L’AP ! On est au mois d’août 2009 et elle ne l’a toujours pas fait ! »
(extrait du document daté du 6 janvier 2009) Le responsable de l’OIP ne décolère pas et poursuit : « Il est temps que la ministre prenne la mesure de la situation et de l’attitude de l’AP. Michèle Alliot-Marie parle de “totale transparence”,  mais l’AP lui ment. On est face à une institution incapable de se remettre en cause. » Et pour Patrick Marest d’avancer ses solutions : « Il faut une commission d’enquête parlementaire d’urgence et surtout, qu’à l’avenir, la prévention du suicide dans les prisons revienne au ministère de la Santé. C’est à lui de la mettre en œuvre et de la piloter. Ça tombe bien : il y a des médecins, des infirmières dans les prisons ! Aujourd’hui, on est dans une situation aberrante. Dans les écoles, c’est bien le ministère de la Santé qui intervient pour la grippe A et pas les enseignants ? Dans les prisons, ce devrait être pareil ! » L'administration pénitentiaire devrait apprécier et ne tardera pas, c'est sûr, à faire part de son point de vue...


Le document de l'administration pénitentiaire est téléchargeable ici .


Voir les 51 commentaires

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commentaires

reynald 25/08/2009 13:21

Chère Alice,                 nous voilà pleinement rassurés, l'ex-patronne de la grande muette parle de transparence. Elle va tellement faire une information transparente que même l'encre sera aussi limpide que de l'eau. Le sens de la transparence, dans une autocratie ressemble furieusement à un fond de cave du KGB. Elle avait pu mettre son sens du grand déballage dans l'incarcération de Julien Coupat, ira-t-elle jusqu'à publier la liste de ceux que ses ex-services accusaient de terrorisme, parce que Coupat cachait la réalité des autres .Avant de fournir des "kits anti-suicide" aux détenus, il serait peut-être bon de faire en sorte AVANT que les "gens normaux" puissent avoir les moyens de ne pas virer délinquants. Je serais favorable à ce que tous les politiciens passent par la case prison avant d'exercer un mandat politique ( çà leur ferait un accompte payé d'avance...) et peut-être seraient-ils plus enclins à améliorer les conditions de vie et de réinsertion. Parce que le pyjama de papier ne va pas donner du boulot aux ex-taulards.Peut-être qu'elle peut aussi être transparente sur le niveau moyen d'instruction des détenus, elle pourrait même les "transparencer" jusque sur le bureau du Prince... Peut-être révisera-t-il ses aprioris sur l'enseignement de la littérature....(entre autres)C'est l'âme sereine et le coeur ragaillardi que j'envisage l'avenir en bleu... CRS.AmitiésReynald

Alice 25/08/2009 19:27


J'aime beaucoup ton idée de "case prison" pour les politocards!
Mais ils gardent eux un grand avantage: celui de ne jamais culpabiliser sur leurs magouilles, sauf quelques exceptions genre Berrégovoy!


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