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20 février 2009 5 20 /02 /février /2009 21:02

 

 

 

 

En partant du problème posé par le procès de Romain Dupuy, nous pourrions nous poser de nombreuses questions sur la manière dont la Justice gère la prise en compte de la responsabilité des fous.


Source La Dépêche


Pour les faits, voir cet article de Marianne 2

et le compte-rendu de « Faites entrer l’accusé »
 sur France 2

  

Le problème posé est le suivant :

Comment satisfaire les familles de victimes de la mort d’un de leurs proches tout en pratiquant une justice au plus près de ses obligations ?

 

Tout d’abord, je me permets de rappeler que les victimes ne sont à priori pas les personnes les mieux choisies pour représenter la justice car elles se trouvent en situation de grande douleur donc très souvent de vengeance. Et je sais de quoi je parle car j’ai été directement concernée par le sujet sur un crime commis envers un personne très proche de moi.

La justice et la loi du talion ne devraient pas faire chemin commun et j’entends bien que de nombreux juristes tentent d’expliquer cette notion sans être compris.

Dès que l’on est conscient de ce principe absolu, l’on peut déjà se poser la question des interventions de Nicolas Sarkozy durant la  procédure concernant Romain Dupuy.

Cette pression gouvernementale n’est pas déontologique. Elle a été lancée uniquement dans un but démagogique de notre président pour racoler un peu plus de soutien de la part des électeurs qui croient en son engagement sécuritaire.

Le problème se situe bien en deçà de ces réflexes primaires.

Il remet entièrement en cause le pouvoir des experts psychiatres ainsi que les mesures de limitation de budget sur la psychiatrie hospitalière.

Au niveau des internements psychiatriques, ils ont été plus que réduits car de nombreux lits et postes de psychiatres ont été supprimés au sein des hôpitaux publics.

Exemple sur un collectif des syndicats de l'AP .

 
Comme le dit Marianne 2, je ne m’attaquerai pas aux psychiatres sinon je vais devenir [fou] folle !

Mais je suis un tantinet folle et m’autorise par ce biais à confirmer leur grande incompétence.

Ayant eu quelquefois affaire à ces soi-disant spécialistes de la santé mentale pour cause de pétage de plombs à l’Education Nationale, j’ai pu constater la diversité de leurs diagnostics sur des comportements identiques, mais ne mettant pas en danger la vie des autres.

J’ai aussi connu un homme qui avait passé la moitié de sa vie en prison pour vols et casses divers et variés...mais je n’ai peut-être pas tout su. En tout cas, d’après mes connaissances psychiatriques, il entrait dans la catégorie des sociopathes.

Je n’ai jamais pu savoir à son sujet s’il avait déjà commis un homicide.

Mais j’ai pu comprendre qu’il avait de gros problèmes liés à la pédophilie ainsi qu’un manque de notion entre le bien et le mal dus à une mère trop faible et à des agressions sexuelles durant son enfance.

Lors de ses nombreux procès, moult experts psychiatres ont été délégués afin de formuler un diagnostic sur son état mental.

Et lui ne faisait que rigoler car les avis de ces soi-disant experts étaient une fois sur deux contradictoires.

 On ne peut certes fonder un principe sur deux cas particuliers mais j’ai pu constater les mêmes incertitudes sur les enfants perturbés au sein des écoles publiques françaises et me sui aussi beaucoup informée sur la question de la responsabilité chez les malades psychiques.

 

Pour en revenir à la question de budget, comment voulez-vous que l’efficacité des médecins psychiatres évolue puisque leurs postes sont de plus en plus réduits ?

Et comme le disait un expert dans l’émission de Hondelatte (voir plus haut) : « être honnête et sérieux tient surtout du bénévolat », car une heure ou 20h et plus consacrées au même cas juridique sont rémunérées par la même somme.

 

D’autre part je rappelle que les propos de Marie-Claire Dupuy, mère d’un enfant malade Romain, avaient confirmé haut et fort le risque de dangerosité de Romain Dupuy qu’elle n’appelait plus son fils quand il se trouvait en prise directe avec ses démons.

Pourquoi, après toutes les alertes que cette admirable femme a lancées, non seulement aucun médecin n’en a tenu compte pour interner Romain, mais encore il lui a été dit que c’était à elle de se faire soigner ? Ce type de réaction chez les psychiatres ne me surprend pas mais me révolte toujours. En effet, habitués à fréquenter le pire, quand ils exercent depuis longtemps, leur représentation finit par être faussée. Théoriquement proches d’hommes et de femmes très perturbés et s’ils sont honnêtes, ils les comprennent et les soutiennent, qu’ils soient médecins traitants ou experts délégués par un tribunal. Donc, par conséquent, ces spécialistes me semblent moins attentifs aux réactions de l’entourage proche du malade et ont tendance à ne pas les écouter.

Je suis très dérangée par cette conception des médecins en France, très souvent d’obédience freudienne, qui rejettent systématiquement les problèmes de l’enfant sur leur mère et je vous rappelle que la France est avec l’Argentine le dernier pays à croire ne ces théories limitées et dont les résultats n’ont jamais été observés, sauf pour les personnes bien portantes.

Voir un point de vue sur ce pavé...un peu dans la mare : 

Le livre noir de la psychanalyse.
 

Et mon article sur Philippe Pignare.

 

Il me semble qu’il y a là une énorme carence des pouvoirs politiques sur la question des investissements budgétaires comme sur la déontologie du traitement des malades psychiatriques.

 

 

          Alors, qui incriminer vraiment comme responsable ?

 

Faudrait-il laisser se débrider la vindicte populaire avec le soutien de notre chef d’état ou pouvons-nous encore garder l’espoir que certains juristes parviendront à se faire entendre ?

Comment contenter les victimes sans entrer dans un jeu de dupes ?

Si le criminel est majoritairement considéré être irresponsable, comme cela été le cas pour Romain Dupuy, pourquoi faire acte d’une mascarade qui apaiserait les victimes ?

Je pense que pour assumer la perte d’un proche il faut que le temps passe et cela n’est quelquefois pas possible. L’idée que la justice puisse aider à la résolution de ce problème me semble infondée. Le système judiciaire n’a pas pour vocation de régler les problèmes psychologiques des victimes. C’est pour moi un détournement de son rôle.

 

 Et je déplore les réformes de Sarkozy sur ce sujet.

Voir par exemple sur Reso-net :

 

Qu’en pensez-vous ?


(Tèche nique : j'ai eu un problème pour insérer les derniers liens et je vous remercie de me signaler s'ils ne fonctionnent pas. En ce cas il vous suffit de faire un copier-coller pour y accéder.)
 

 

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commentaires

reynald 03/03/2009 00:57

Chère Alice, juste un correctif, la France se réfère à la psychiatrie (Freud) en snobant la psychanalyse (Jung). Or les techniques de Freud ne guérissent personne. L'avis d'expert psy:Nous sommes absolument d'accord sur la dérive de l'avis unique toujours insuffisamment étudié et parfois franchement nul. Lorsque l'irresponsabilité éventuelle est statuée en Tribunal, il y a expertS (mandaté par l'accusation), si nécessaire contre-expert (mandaté par la partie-civile) et en cas de besoin, expert neutre (mandaté par le tribunal). Donc en général 3 avis différents sur lequels les juges doivent se prononcer.L'insécurité: Il y a plus de vingt ans, un journaliste avait fait une étude démontrant que le commun des mortels est confronté chaque semaine à 45 meurtres, une vingtaine de viols et plus de cent actes de violence...........à la télévision. Comme depuis la surenchère à l'hémoglobine bat son plein, comment s'étonner de la peur du Français moyen qui confond de plus en plus la réalité avec le virtuel. Et à cela, il faut ajouter les morts en pagaille des jeux vidéos et on arrive à un môme de 5 ans qui poignarde sa sœur. D'autre part, il y a 4 siècles, l'information était limitée à 20 (ev. 50) km autour de soi, et en version orale seulement; donc très parcellaire. C'est l'insécurité qui permet les lois d'exception. Et Naboléon se donne (avec MAM) beaucoup de peine pour instaurer le climat insurrectionnel nécessaire à l'instauration d'un Patriot Act à la française............ N'oublions pas Julien Coupat, victime depuis plus de 100 jours de cette phobie sécuritaire. Amitiés Reynald

Alice 03/03/2009 19:37



Je suis désolée mais Jung n'est qu'une émule de Freud. Même si sa théorie ne se fondait plus sur l'Oedipe, sa pratique était proche de celle de Freud. Il se
trouve que j'ai connu des psychanalystes des deux écoles et ai pu en déduire que leurs thérapies étaient toutes axées sur la parole. Ni Freud, ni Jung, ni Lacan n'ont jamais guéri que ceux qui
n'étaient pas malades.
Je précise que j'ai moi-même exercé la profession de psychothérapeute en mêlant plusieurs techniques . Je suis donc plutôt informée sur le sujet.


Quant au nombre de crimes de sang perpétrés il y a quatre siècles, ils étaient simplement comptabilisés par le nombre de cadavres retrouvés! pas besoin de
médias pour cela!



reynald 02/03/2009 03:22

Chère Alice, nous sommes d'accord sur presque tout. Ce qui me gêne dans la procédure française, c'est que l'expert à 15€/h décide que l'auteur est irresponsable et si le juge d'instruction avalise le fait, la Justice ferme le dossier et néglige les victimes. Cet irrespect bloque les gens qui croient en la probité de la Justice (si si, çà existe). Autrement dit: Elle ne peut pas reconstruire les victimes, mais elle peut empêcher cette reconstruction. Il est d'autant plus facile de se passer de la reconnaissance judiciaire que l'estime que l'on a pour cette institution est plus "relative". A part çà, je plains les gens qui ont besoin d'une peine "exemplaire" pour avoir l'impression de ré exister. AmitiésReynald

Alice 02/03/2009 19:04


L'ennui, c'est que l'expert a un avis qui prime. Or, pour Romain Dupuy par exemple, il était le seul à le considérer comme responsable.
Hé oui! Il y a encore des fous comme il y en a toujours eu. Plutôt de moins en moins d'ailleurs car un certain nombre "bénéficie" d'une camisole chimique.
Ce que je déplore, c'est bien le fait que la justice se réfère essentiellement à des experts qui sont non seulement mal payés, mais qui encore ne sont pas forcément capables de faire un prognostic
juste, puisque la psychiatrie est tout de même une science très aléatoire. Et si l'on tombe sur un nul, dans un sens ou dans l'autre, cela devient problématique. D'autant plus que la France
continue à se référer à la psychanalyse!
Quant aux victimes, la Justice n'a à priori pas été conçue pour elles et je constate que Sarkozy, comme les gouvernements précédents, met bien l'accent sur une politique sécuritaire qui a beaucoup
de succès en ce moment.
Je viens de lire un article sur le dernier bouquin de Robert MUCHENBLED qui affirme:
"En l'espace de quatre siècles, le nombre de crimes de sang est divisé par cent".
Alors que la droite cesse de chercher à nous convaincre que nous vivons dans la plus grande insécurité n'ayant jamais existé.


reynald 01/03/2009 11:29

Chère Alice, j'ai des doutes sur ma manière de comprendre ton commentaire de mon point 6°. Doit-on lire qu'il faut être obsédé par un besoin de vengeance pour pouvoir se reconstruire... Auquel cas, je ne souscris pas, puisqu'une reconstruction passe par faire table rase des ruines précédentes. Ce qui permet cette reconstruction, c'est la faculté de résilience (voir Boris Cyrulnik). Il a mis en évidence le principe qui veut que tout ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort. Et sur ce point, nous ne sommes pas égaux: Il y a des gens qui sont anéantis parce qu'ils ont cassé leur voiture, et à l'autre bout de la chaîne, et il y a des gens comme Martin Gray, qui après avoir été le seul de sa famille à survivre au nazisme, vingt ans plus tard sa femme et ses enfants sont morts brûlés dans un incendie de forêt en Provence. Et avec çà il a (ou avait) gardé une rage de vivre, de reconstruire et d'être heureux. Il faut aussi lire la lettre que Julos Beaucarne avait envoyé à ses amis le jour où sa femme (Loulou) s'est faite assassinée par un employé devenu fou. Ni haine, ni esprit de vengeance, juste un immense désespoir pour tous ces bonheurs et ces vies détruites, y compris pour le meurtrier. NB: Nougaro avait enregistré des extraits de cette lettre à Loulou sur je ne sais plus quel disque. Amitiés Reynald

Alice 01/03/2009 22:23



Bon, voici mes précisions. Je suis entièrement convaincue par les possiblitésde résilience suivant Boris Cyrulnik. En revanche, je le suis bien moins en ce
qui concerne l'efficacité et le pouvoir de la Justice.


Je pense que l'amalgame entre un travail d'introspection personnelle et une reconnaissance par les pouvoirs publics se situent dans deux registres
différents.
D'une façon ou d'une autre, pour moi La Justice ne suffira jamais à panser les plaies des victimes. D'ailleurs, quand on perd un enfant, qui pourrait y parvenir?

Quant à Martin Gray, je trouve qu'il a bien profité de sa récupération médiatique et a cherché la facilité pour faire pleurer dans les chaumières.
D'autres, comme Roman Polansky, ont su plus dignement s'en sortir en créant.
Ce qui confirmerait mon idée que les être dignes ne comptent pas sur les institutions pour gérer la résolution de leur souffrance.
Ai-je mieux situé mon point de vue?



reynald 22/02/2009 23:31

Pour RMM, psychothérapie n'est pas très heureux dans ce cas précis. Psychothérapie = thérapie (soins) du psychisme. Il me parait judicieux d'analyser le psychisme avant de le soigner... Il faut donc parler de psychanalyse. je ne connais pas les contraintes pour les psychiatres, mais les psychanalystes ont tous fait une psychanalyse et ils ont tous un répondant pour un suivi régulier. Donc, en principe, un psychanalyste sait comment fonctionne son psychisme et son analyste aussi. Mais ils sont rares en France, qui préfère les prescripteurs de médics. Amitiés Reynald

RMM 22/02/2009 21:52

L'un des problèmes des psys est qu'ils ne sont pas tenus de faire une psychothérapie ou une analyse personnelle. La tentation de projeter leurs propres névroses sur les personnes qu'ils examinent est par conséquent souvent si ce n'est toujours présente. 

Alice 23/02/2009 20:15



Ce n'est pas que je les défende à tout prix, mais déontologiquement ils sont tenus à être supervisés après avoir été analysants.



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