Au Pays des Merveilles d'Alice
Alors que « Le droit de mourir dans la dignité » ne semble pas un sujet qui interpelle nos législateurs, je m'étonne que l'anorexie en devienne, elle, subitement un.
Mourir sans souffrance serait immoral, alors que vouloir rester maigre deviendrait tout à coup un problème de société !
Il est intéressant de voir comment la psychologie est malmenée.
Il existe certes des sites qui donnent les moyens de maîtriser son poids et incitent à se priver de toute alimentation.
Mais ces sites existeraient-ils si le mal n'était pas déjà présent ?
L'anorexie est et demeure un trouble du comportement alimentaire lié à l'environnement. En Afrique, cette pathologie n'existe pas. De même, on ne la rencontrait pas en France durant les années de guerre. Quand tout le monde a faim, plus personne ne se pose la question de diminuer les quantités d'ingestion calorique. Cela semble même être une évidence.
Il me semble certain que les magazines féminins et les grands couturiers donnent une image de la femme qui ne correspond en rien à celle qui nous entoure dans la réalité de notre quotidien.
Il paraîtrait, d'après certains couturiers que « la femme-porte-manteau » met en valeur la ligne d'un vêtement. Je voudrais bien le croire mais quand je vois mes propres créations pendues sur un cintre, non seulement je ne les trouve pas souvent plus belles, mais encore, je les trouve mortes. C'est d'ailleurs pourquoi je préfère les photographier sur une femme plutôt « qu'à plat ».
Par ailleurs, si cela intéresse une femme qui réside dans le 94, je cherche un mannequin amateur... Pourquoi ce
terme est-il encore et toujours au masculin ?
Il est évident que je ne puis la rémunérer, mais si l'idée amuse l'une d'entre vous, je pourrai toujours lui tricoter gratuitement un modèle !!!
Revenons-en à nos moutons, ces chers animaux grâce auxquels je m'éclate !
Donc, à cause de créateurs pour la plupart du temps homosexuels - je n'ai rien contre eux, mais pitié, qu'ils ne transforment pas la femme en androgyne - nous subissons une dictature qui vaut presque celle du port du foulard. Cacher ses cheveux serait-il pire que détruire son corps afin de plaire ? Tout n'est qu'une question de culture.
Si je vous amène à ce sujet, c'est aussi parce que j'ai été quasiment toute ma vie une fashion victim. Adolescente grassouillette, je n'étais pas très satisfaite, pour le moins qu'on puisse dire, de ma ligne. Même si après une certaine période - très longue à mon goût - j'ai fini par me dégoter un petit copain, j'ai, après quelques flirts et autres expériences, remarqué que les rondes attiraient un certain type de profil masculin. Ayant minci quelques années après, j'ai cru voir que je plaisais à des mecs plus intellectuels et moins en recherche de « couvade maternelle ». Ce qui ne m'a pas empêchée de rencontrer un tas de pervers polymorphes...Car, une fois la psychologie de la grosse intégrée, il faut parvenir à s'extraire d'habitudes et de réflexes conditionnés par ce statut. Et là se situe toute la difficulté.
In fine, j'affirme que mincir ou maigrir est bien loin de résoudre tous les problèmes d'apparence.
Oui, je me suis violentée toute mon existence pour ne pas prendre de poids.
Et j'ai donc eu, sans excès mais quand même, des comportements boulimiques et anorexiques.
Je connais les extases à bouffer jusqu'à ne plus pouvoir faire autrement que se vider.
J'ai expérimenté les états d'excitation intellectuelle où je n'avais plus faim et ne me contentais que de quelques échantillons de nourriture.
Je suis souvent passée d'un truc à l'autre.
Mais, comme dans toutes mes folies, jamais l'on ne m'a incarcérée dans un hôpital psychiatrique !
Ce qui me permet de penser à la chance et au bonheur d'avoir toujours profité de ma liberté...et d'avoir été entourée de personnes qui, soit ont su respecter mes désirs et mes pulsions, soit n'en avaient rien à foutre ! Aujourd'hui, je les en remercie.
Il se trouve, c'est certain, que j'étais toujours en deçà de la limite à ne pas atteindre. En fait, jamais dans la destruction totale envers moi-même ou envers les autres.
On pourrait dire que le nombre de mes névroses et de mes troubles du comportement m'a permis de passer de l'un à l'autre sans m'engager vers la mort. Et j'en suis à ce jour très heureuse, malgré le travail que cela m'a demandé.
Pour en revenir à l'anorexie, je me sens très dérangée que Roselyne Bachelot veuille pondre une loi sur ce sujet. Car je suis viscéralement convaincue que l'anorexie n'est qu'un symptôme de mal-être. Dans un environnement différent, ce symptôme se traduirait de toute façon par un dérèglement quelconque. C'est d'ailleurs bien la difficulté des psychothérapies qui s'orientent vers une seule pathologie. Une fois le problème « résolu », un déplacement s'effectuera.
Je ne vise aucune technique psy précise, mais une chose est sûre pour moi : je ne vois vraiment pas l'intérêt de légiférer sur l'anorexie.
Nous n'avons qu'à observer le manque de résultat des injonctions thérapeutiques pour les toxicomanes ou les délinquants sexuels pour penser que l'obligation et la contrainte soient efficaces.
Quant à ce qui concerne la pure santé physiologique, la raison me semble de considérer que les extrêmes sont toujours négatives.
Alors, obésité comme maigreur, il n'y a rien à revendiquer. Les deux modes vous garantissent une vie plus brève.
Sont-ce les mêmes mammifères?
A une époque où l'on cherche soi-disant à maintenir les garanties de la Sécurité Sociale et des reversements de retraite, je me demande si le gouvernement en a vraiment quelque chose à faire de
conserver en vie les citoyens le plus longtemps possible. Là se situe peut-être l'origine de projets de loi de plus en plus aberrants.
Quant à moi, j'ai pris du bide et ça ne me plaît vraiment pas...Mais je gère en mon âme et conscience !
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