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Samedi 2 février 2008
 
 
Comment payer en souffrant au maximum!

...Le lendemain matin, vous vous rendez à nouveau à la Sous-préfecture.
Vous tentez encore de stationner, mais ne trouvez une place que dans la zone la plus chère. Eh ! Oui ! Dans certaines villes très chics, on a même prévu plusieurs tarifs ! Et faire une démarche administrative ce jour-là correspond à un luxe que même la ville de Paris ne se permet pas ! Vous enfournez donc dans la Magic Vorace le minimum de pièces, toujours guidé par un optimisme hors contexte.
Puis vous courrez vers le sacro-saint Lieu.
Entré dans le hall, vous remarquez immédiatement le panneau : Cartes grises. Comme nous ne sommes que dans une sous-préfecture, le nombre de burlingues est limité.
 
 
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 En descendant vers la crypte où stagnent tous les documents, vous notez toutefois dans vos méninges une file assez longue qui poireaute à un guichet situé à gauche de l’escalier descendant que vous avez pris.
 
Mais sur le coup, manque d’intuition, vous n’avez pas su déceler le mystère.
Parvenu au sous-sol, vous voyez environ trente quidams en attente d’action. Et comme vous n’avez pas aperçu de distributeur de tickets numérotés, vous vous demandez finalement si vous n’avez pas zappé quelque chose. Conscient d’avoir commis une erreur, vous vous renseignez auprès d’un candidat au Labyrinthe du Minotaure...Et l’on vous apprend qu’il fallait prendre un numéro au fameux guichet que vous aviez ignoré pour cause d’absence d’explications.
 
Vous remontez donc à l’étage supérieur, attendez environ 20 mn afin que l’on prenne note de vos desiderata et vous fournisse le ticket qui vous ouvrira le Sésame.
Vous demandez à la charmante guichetière la durée que prendra l’affaire – car vous pensez à votre parcmètre qui tourne – et elle vous répond : « Etant donné le nombre de personnes qui attendent, environ ¾ d’heure. »
Elle aussi est très optimiste !
 
Vous redescendez dans l’antre, heureux d’avoir acquis le Code-Pass.
 
Vous constatez alors que seuls trois guichets sur huit sont ouverts. Serions-nous « en heures creuses » ? Vous remarquez ensuite que la première cabine est consacrée aux demandeurs d’un permis de conduire, ce qui limite à deux personnes compétentes à écouler le stock de patients – finalement, chez votre toubib préféré, vous patientez bien moins longtemps !
 
Vous vous installez confortablement en face des guichets qui correspondent à votre demande et, à chaque sonnerie, vous lisez le tableau de bord qui vous annonce que vous avez avancé d'un cran dans l’ordre de passage.
 
Au début, vous plaignez les employées en vous vous rappelant les surcharges de travail que vous subissez dans votre boulot.
Ensuite, vous observez le personnel qui travaille face à vous...Pas facile pour lui, certes, de ne jamais être tranquille. Mais, ici, tout le monde semble s’en être accommodé depuis longtemps...
Tous les quarts d’heure environ, l’une des deux préposées aux cartes grises sort de la cabine ! Soit elle va se préparer une boisson chaude qu’elle rapporte tranquillement sur son bureau, soit elle sort fumer une cigarette ou va évacuer sa vessie avant de la combler à nouveau. Mais le pire, c’est quand elle se met à bavarder et rigoler avec ses collègues de l’arrière-salle que nous pouvons aussi observer, comme les grands chefs qui ont une ouverture sur leur cuisine tant ils sont sûrs de leur gestes et de leurs effets !
Commençant à stresser en voyant la lenteur de l’écoulement du flot de circulation, vous regardez à vos côtés si les autres clients sont dans le même état que vous.
Celui de droite semble pratiquer la méditation transcendantale et ne bouge pas d’un micron. Ce n’est pas avec lui que vous allez pouvoir rigoler car ses pensées personnelles le nourrissent de l’intérieur.
En revanche, votre voisin de gauche paraît plus en osmose avec vous-même et la conversation s’engage spontanément, sans savoir qui en est l’initiateur !
Premier rapprochement : il a autre chose à faire que perdre son temps pour payer un impôt finalement pluspénible à effectuer que les autres.
C’est vrai que c’est rageant de devoir perdre des heures pour se faire taxer ! Au moins, quand vous vous offrez un très bon restau surtaxé, vous y trouvez en plus du plaisir. Alors que là, n’auriez-vous pas pu payez sur le net comme vous le faites pour les impôts sur le revenu et autres ponctions ?
Finalement, vous sympathisez avec cet autre vous-même et repensez brusquement à votre parcmètre qui a bientôt déroulé tout son programme.
De peur de payer en sus un amende pour dépassement de durée, vous demandez à ce  collègue de galère s’il ne peut pas prendre votre ticket et vous attendre ou passer avant vous si jamais le rythme s’accélère !
Solidaire, il vous accorde la possibilité de ne pas cumuler les sommes que vous allez verser aux pouvoirs public et vous promet de garder votre tour.
Vous courez vers la boîte à pièces tout en allumant une cigarette. Comment voulez-vous arrêter de fumer dans ces conditions ?
Quand vous revenez, votre ami ponctuel n’a même pas réussi à passer devant vous ! Vous le regrettez pour lui, mais il vous rend gentiment votre ticket passablement chiffonné.
Enfin, plus que deux personnes avant nous !
Entre temps, vous avez eu droit au concert de la perceuse qui semblait ne pas parvenir à résoudre un problème de fermeture de porte de guichet. A quoi bon, puisqu’ils sont visuellement ouverts ? Et ç’aurait été dommage de ne pas profiter d’un moment de bricolage que vous subissez au maximum dans votre lieu d’habitation ou de travail, comme sur la route ! Au point où vous en êtes...
 
Au bout de deux heures, vous finissez par être généreusement accueilli dans le sas qui va vous libérer de votre trop plein d’€uros ! Vous présentez toutes les preuves obligatoires, et là MIRACLE ! Vous avez tout bon ! Et vous remerciez du fond du cœur votre super garagiste qui vous a évité le pire.

En cadeau gratuit, vous apprenez que vous auriez pu faire la même démarche par courrier. Ce qui prouve que malgré l’aide d’une agrégée de Lettres Classiques, 

              VOUS N’AVEZ RIEN COMPRIS !
 
La prochaine fois, comment allez-vous faire vos démarches auprès de la préfecture de Police ? 
Car, attention, avec le ministère de l’Intérieur, vous n’avez pas forcément tort, MAIS IL A TOUJOURS RAISON ! 


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par Alice communauté : Satire dans tous les coins
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