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Lundi 26 mai 2008

 

 

Suite à ma présentation des SEL de France ici, je publie ce soir le bilan de mon expérience personnelle, vécue dans ma région.

 

Pour ne pas cibler et dénoncer précisément l'association à laquelle j'avais adhéré, je n'en donnerai pas les coordonnées, bien que cela me démange.

 

J'ai d'adhéré au SEL de N... (Système d'Echange Local), le 13 Octobre 2007.

  Ce site est d'ailleurs en rapide « transformation » depuis que j'ai parlé de certaines dérives, le 22 Novembre 2007, lors d'une réunion de bureau.

  Je suis effarée par ce que j'y ai découvert sur la circulation de l'argent et un prosélytisme qui me semble avoir des points communs avec des comportements sectaires.

 

Les différents SEL de France sont indépendants les uns des autres et il n'y a pas de fédération, mais il a été créé un regroupement nommé Sel'idaire dont la charte est la suivante :

http://selidaire.org/spip/

 

Charte d'adhésion et règlement intérieur

Publié le mardi 1er juin 2004

A la différence des statuts, qui donnent seulement l'essentiel des buts, des moyens, du fonctionnement démocratique du groupe, le règlement intérieur consigne des règles de fonctionnement précises pour permettre d'éviter les dérives et dysfonctionnements. Quant à la charte, il s'agit d'un texte qui définit « l'esprit du SEL ».

Tout nouvel adhérent approuve les statuts et signe charte ou/et règlement intérieur au moment de son inscription, avec la fiche d'adhésion où il écrit ses offres et ses demandes.

On réfléchira aux règles de base suivantes :

  Le SEL est créé par un groupe local, de façon indépendante, pour permettre une réflexion sur la dimension humaine existant derrière les échanges et la promotion de solidarités dans le cadre d'un développement local.

  Le SEL est une association à but non lucratif, les coûts administratifs étant couverts par les cotisations.

  Le SEL met en contact les demandeurs et les offrants, il gère un système de comptes personnels en unités de mesure interne, fournit un échange d'informations, enregistre les services (type « coups de main ») négociés entre ses adhérents.

  L'unité de mesure (Grain, Piaf, Caillou...) n'est pas convertible en euros, ni vice versa.

  Le SEL ne fournit aucune garantie quant à la qualité, les conditions, la valeur des services ou des produits négociés.

  Chaque adhérent garde toute sa responsabilité et s'entoure de toutes les garanties pour que son activité à l'intérieur du SEL soit conforme aux réglementations en vigueur notamment en matière sociale et fiscale.

  Le compte de chaque adhérent commence à zéro. Cependant certains SEL créditent le compte de chaque nouvel adhérent afin qu'il surmonte plus vite l'obstacle psychologique que constituerait pour lui l'amorce d'échanges avec un compte à zéro. Cette pratique, assimilable à celle du puits sans fond, est discutée...

  Il n'existe aucun intérêt pour les débits ou les crédits des comptes, ni notion de délai de paiement ni d'indemnité de retard dans la gestion des comptes.

  L'adhérent détenteur d'un compte peut seul autoriser un transfert de crédit à partir de son compte.

  L'adhérent détenteur d'un compte a le droit de connaître le bilan et les mouvements de tous les autres comptes du système et il peut refuser toute proposition d'échange qui ne lui convient pas.

  Dans certains SEL, la charte est un document annexe du Règlement Intérieur, qui définit « l'esprit du SEL », inutile puisque déjà écrit su r la colonne précédente qui engage plus précisément l'adhérent, par exemple à ne pas dépasser un solde négatif de -2000, -3000 ou -5000 dans ses transactions (sauf accord clair du CA) et à ramener son compte à zéro avant de quitter l'association.

IMPORTANT : Dans certains SEL, la charte rappelle que tout prosélytisme à l'intérieur d'un SEL est interdit, ainsi que toute utilisation du SEL pour satisfaire des intérêts et ambitions personnels ou pour promouvoir une idéologie quelle qu'elle soit.

Le règlement intérieur et la charte qui consignent les règles de fonctionnement du SEL sont beaucoup plus faciles à modifier que les statuts déposés en préfecture. Les changements de fonctionnement seront plus faciles si les statuts sont moins précis, les précisions étant apportées dans le règlement intérieur ou/et la charte.

Pour maintenir la confiance et un bon équilibre d'échanges dans un groupe SEL, le non dépassement du seuil négatif autorisé parait souhaitable.



Je suis entrée en contact avec la présidente de Sel'idaire. Il lui semble que les dérives pratiquées dans ce SEL de N... sont totalement à l'opposé de l'éthique des SEL.

B.B., la présidente a adhéré à Sel'idaire  parce qu'elle est ravie d'en recevoir le bulletin d'informations (sic !) mais considère qu'elle n'est moralement pas engagée par la Charte. Ni elle, ni le trésorier, son concubin, ne se sont rendus aux assemblées générales de Sel'idaire alors qu'ils font la route des SEL durant leurs longues  vacances.

 

J'ai appris, de sources diverses, que certains adhérents se faisaient rémunérer en espèces sonnantes et trébuchantes, surtout en ce qui concerne le  bricolage, le dépannage en informatique et certains « cours ». Ce qui me choque, c'est que les bénéficiaires sont loin d'être tous des personnes nécessiteuses. Je dirais même qu'ils profitent au maximum des femmes seules qui, elles, n'ont pas les moyens de faire faire tous leurs travaux de bricolage par des entreprises officielles.

Enfin, je me pose de nombreuses questions et suis très déçue de voir les « magouilles » qui se pratiquent en ce lieu.

 

Au niveau des « rétributions » en €uros,  dans la ville de N..., des plaintes d'artisans et de commerçants ont été déposées.

Lors de la « Journée des Associations », le maire interdit au SEL  d'entrer dans les locaux et MADAME LA PRESIDENTE distribue ses prospectus SEULE devant la porte. Dans cette micro -société, s'est établie une sorte de hiérarchie où celles qui vont faire le ménage ne sont pas les mêmes que celles qui ne le font pas. Il y a les tâches qui rapportent et celles qui relèvent d'une forme d'esclavage. Le dialogue est fermé et la démocratie a été remplacée par l'autocratie exercée par Mme B.B. Il y a les faibles et ceux qui en profitent, exactement comme dans notre beau pays de France. Alors que l'on ne me parle pas de solidarité et de lien social... !


J'ai été encore plus  gênée par un prosélytisme permanent orienté vers des croyances ésotériques et des pratiques en parapsychologie et paranormal de tendance New-Age. Certaines personnes se font payer en organisant des « stages ». Du covoiturage est proposé pour se rendre sur les lieux d'achat ou de « cours ».

 

Je vous liste toutes les offres cataloguées dans les rubriques « Santé » ou « Recherche spirituelle »plus celles dont on entend parler seulement dans les « soirées-lecture», concentrés de propagande ésotérique.

 

L'angéologie, l'astrologie, la kinésiologie, le Brain Gym, les Fleurs de Bach(harmonie des émotions), les auras, la lithothérapie (en liaison avec la boutique « Minerales do Bresil),
http://www.willowheartwicca.com/divination.htm

 le végétarisme, le reiki, la mémoire de l'eau selon Masaru Emoto (avec accès à son site de conférences et de ventes de livres)
http://www.dailymotion.com/video/x4abcw_masaru-emotomessage-de-leauesoteris_creation
...et une foultitude d'autres sites, le mec est blindé de tunes!

pour un point de vue plus scientifique, interdit de diffusion au sein du SEL de N...
http://www.forum-zetetique.com/forum/forum/viewthread?thread=199

 le financement solidaire(Les Randonneurs)
"Placement solidaire= arnaque..."


la communication avec les morts ,le coaching, la sophrologie, le végétarisme, les tarots, la PNL, les conseils en compléments alimentaires, la pratique de la méditation, la pensée positive, consultation soins énergétiques,  la canalisation de messages spirituels, la naturopathie, les chakras, consultation Yi-King,initiation à la psycho- généalogie, les Auras, Les farfadets et lutins de jardin( !), la communication avec les morts et la réincarnation, les OVNI, la thérapie magnétique avec les aimants et infrarouges lointains (liaison avec les produits Nikken), consultation en numérologie, les massages ayurvédiques.

Peut-être en ai-je oublié...

 

 Je lis dans la Charte de ce SEL que c'est une association apolitique et non-confessionnelle.

 Or, j'ai l'impression que certaines de ces dérives sont douteuses et «légèrement » sectaires. D'autres relèvent carrément de l'arnaque financière.

 

 D'autre part, il y a de gros problèmes de communication : la chef ne supporte pas la moindre divergence ou remise en question et transmet les infos à sa façon. Forte et sûre de son pouvoir, elle isole  ceux qui n'abondent pas dans son sens ou proposent des activités qu'elle ne souhaite pas.

Je me suis d'abord sentie gênée, car toute tentative de discussion était impossible. On accepte ou l'on se tait. Puis je me suis sentie contrainte à supprimer un certain nombre d'activités car tout ce que l'on propose doit passer sous le contrôle de la fondatrice  de cette association.

 
Les personnes qui restent sous l'« emprise » de la Cheftaine ont toutes peur ou ne trouvent rien de gênant à ce fonctionnement. Il y a des enfants et tous ceux qui ne sont pas dépressifs s'en vont sans rien dire...car, dans notre société, tout le monde s'en fout. Le nombre d'adhérents a diminué du tiers ou de moitié depuis deux ans, ce qui pourrait questionner en région parisienne (difficile à savoir par les adhérents car les infos ne sont pas les mêmes suivant les personnes auxquelles elles sont adressées). Comme m'a dit par ailleurs une militante de l'UFC : « C'est très bien que les dépressifs soient pris en charge par ce genre de personnes, ça fait faire des économies à la Sécurité Sociale » (sic !).

 

Je suis personnellement choquée que cette association puisse fonctionner librement sous prétexte qu'elle n'est pas inscrite sous une étiquette nommément connue pour être sectaire. Comme le sigle du SEL n'est pas répertorié dans la liste des Sectes connues, il n'est pas aisé de cibler les dérives de ses émules et de les réferencer dans les  associations « antisectes ».

L'aspect  non obligatoire  des échanges correspond exactement aux propos que tiennent les gourous. Cela dit, il se trouve que les seules demandes que j'aie faites ETAIENT TOUTES PAYANTES. De même, l'on ne prétend pas diffuser des méthodes scientifiques, mais apporter des témoignages...ce qui permet tous les délires.

J'insiste donc sur le fait que cette association fonctionne sur un mode SECTAIRE et A BUT LUCRATIF sans avoir le courage de l'annoncer.

 

Ayant connu les SEL guère après 68, je suis surprise des dérives que j'y rencontre.

 

La présidente m'a d'ailleurs promis de me rendre mon adhésion si je le souhaitais. J'ai subi des pressions -  en termes plus ou moins courtois -  me priant de m'en aller le plus vite possible.

 

Ensuite, elle m'a mis des bâtons dans les roues quand  j'ai accepté de disparaître, sous prétexte que je ne voulais pas faire la transaction EN SA PRESENCE, ni CHEZ ELLE.

Soutenue par les deux élues du bureau, j'ai décidé de ne pas partir.

Alors, elle a prétendu m'avoir renvoyé mon adhésion par la Poste avant que je n'aie émis ma décision de rester. Je ne voulais pas me confronter à elle une deuxième fois.

 

 Il paraît que c'est la première fois en six ans que quelqu'un remet en cause le fonctionnement autocratique de La Présidente. Nous avons tenté de nous unir à plusieurs pour faire « quelque chose » car chaque adhérent qui s'y est pris individuellement a été terrorisé et ne s'est plus inscrit cette année. Mais j'ai tout de même l'impression que les dérives de tendance sectaire ne gênent personne parmi ceux qui restent.

 

J'ai l'impression que Madame B.B., présidente de l'association : SEL de N0..., pratique régulièrement des abus de faiblesse sur un grand nombre d'adhérents isolés ou dépressifs. Il est facile de vérifier, pour ceux qui restent, que nous sommes ou avons tous récemment été en situation de faiblesse ou de détresse pour des raisons différentes : Etat dépressif -  Victimes de Harcèlement Moral ou de violences physiques - Précarité : Chômage ou invalidité - Veuvage ou divorce - Solitude. Je constate d' ailleurs que nous étions un certain nombre d'enseignants à avoir mal supporté le métier dans la durée. Je suis moi-même à l'Education Nationale et en arrêt de maladie.

Je conserve la déontologie que j'ai toujours eue lors de mes 35 ans d'exercice en tentant de dénoncer un comportement qui me semble moralement dangereux.

Je tiens à vous dire que j'ai eu peur, comme les autres - plutôt moins - mais que j'étais tiraillée par l'envie de fuir et de me taire et la conscience que je pourrais être coupable de « non-assistance  à personnes en danger ». J'ai aussi remarqué durant ma carrière d'instit, comme l''Education Nationale est en quête de tout « signalement » à l'ASE pour violences sur les enfants. Je me demande alors pourquoi on laisserait libre court à des dérives qui me semblent condamnables.

 

Depuis mon incursion et mes questions dérangeantes, la présidente s'est retirée de ses fonctions. Une « femme de paille » a sollicité la présidence de cette assos corrompue. Elle a été élue à l'unanimité et B.B. est devenue vice-présidente !

Je ne vois pas la différence et j'ose espérer que les personnes « sous influence » finissent par trouver plus sympa ailleurs. Je reste sceptique car j'ai entendu des adhérents me dire : « Oui, mais c'est bien de manger de temps en temps ensemble...»

 

La solitude n'a pas de fond.

 

Pour moi, poser son cul sur une chaise et côtoyer de l'humain ne suffit pas à combler l'isolement. Il me semble nécessaire de parvenir avant tout à établir une relation sincère et réciproque, ce que je n'ai jamais ressenti a l'intérieur de ce groupuscule de flippés et de perturbés.

 

Si certains lecteurs ont vécu une expérience plus positive au cœur d'une assos du SEL, leur expérience m'intéresse et je les remercie de m'en faire part.


Pour quelques précisions sur "mon départ" de cette association, lire ici.

par Alice publié dans : Société communauté : L'Avis des Eclectiques
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Vendredi 23 mai 2008


Comme je suppose que vous ne connaissez pas les S.E.L., je vous envoie un résumé théorique publié par le magazine
Que-Choisir le 30 septembre 2006.


Je n'ai pas demandé l'autorisation de copier cet article, car  la rédaction me l'aurait probablement interdit. Il se trouve que j'ai tenté de savoir si elle pouvait intervenir sur l'expérience que j'ai vécue dans cette association. Comme l'on m'a répondu que cela ne concernait pas les attributions de l'UFC- Que Choisir, j'ose espérer  qu'elle continuera à ne pas se sentir concernée. Je précise bien que je ne n'implique pas du tout l'UFC - Que Choisir sur ce sujet.


 

 Les libres échangistes de l'économie


A l'heure où tout s'achète et où tout se vend, quelques milliers de personnes organisent et pratiquent en France l'échange de biens, de services et de compétences en dehors de tout souci mercantile, démontrant ainsi qu'économie peut très bien rimer avec gratuité et solidarité. Pourquoi ne pas les rejoindre ?

> Les systèmes d'échange locaux : Apprendre à se passer de l'argent

Catherine Delpech, adhérente du SEL (système d'échange local) de Paname, note tout sur son « carnet d'échanges » : « récemment, j'ai fait garder mon bébé. J'ai travaillé pour le site Internet du SEL de Paname, j'ai mis en forme un document informatique pour un autre membre. Une coiffeuse à la retraite est venue chez moi me couper les cheveux. J'ai participé à une bourse d'échanges, c'est un peu comme une brocante, mais entre adhérents. J'ai aussi fait faire des petits travaux de peinture dans ma salle de bains... Et j'ai effectué pas mal de dépannages informatiques».

Qu'ils tiennent ou non leurs comptes, le principe reste le même pour les adhérents des SEL : jamais d'argent. Les biens, les services, les connaissances ou les savoir-faire qu'ils échangent s'évaluent à l'aune d'une unité de mesure propre à chaque SEL : le « paname », le « piaf » ou le « pigalle » à Paris, le « grain de sel» dans l'Ariège, la « pêche », le « pavé » ou la « feuille » ailleurs. « C'est ce qui nous distingue du troc ! » précise Catherine Delpech. Dans le troc, en effet, deux personnes échangent, à un moment donné, deux choses d'à peu près la même valeur. Dans les SEL, l'unité de mesure qui « rémunère» objets et prestations permet l'échange entre plusieurs personnes, à différents moments, de biens et de services de valeurs différentes. Mais ce qui fait la valeur d'un service, c'est exclusivement le temps qu'on lui consacre. « Le principe, c'est que l'on donne son temps. Il n'y a pas de hiérarchie entre les compétences : que l'on garde un chat ou un enfant, que l'on fasse le ménage ou que l'on donne un cours de français, la valeur du service dépend uniquement du temps passé » explique Catherine Delpech. Les transactions se font de gré à gré entre les adhérents sur la base d'un catalogue de ressources qui recense les offres et les demandes de l'ensemble des adhérents du SEL. Par exemple, Pierre offre à Paul un vélo dont il ne se sert plus. Paul, lui, va poser des étagères chez Marie, qui apprend le tricot à Jeanne... qui, elle-même, donne des cours de maths aux enfants de Pierre...

Au début, ceux des nouveaux arrivants que ces pratiques déroutent repartent assez vite. « Pour pouvoir fonctionner, un SEL doit reposer sur la confiance. Ce n'est pas toujours évident, dans une grande ville comme Paris, d'accepter que quelqu'un que l'on ne connaît pas vienne chez vous pour un échange de services » constate Catherine. « Pour instaurer cette confiance, il faut un peu de patience, faire l'effort de se connaître ». Pour cela, le SEL de Paname multiplie les occasions, les lieux et les moments de rencontre : une réunion par mois au moins ouverte à tous les adhérents, des permanences chaque début de mois, des repas de quartier, des ateliers (de la peinture aux massages), des sorties (randonnées, théâtre, concerts...), concours (de dessin, de photos...), des soirées à thèmes.

> Les SEL sont ouverts à tous: retraités ou actifs, personnes en recherche d'emploi, mères au foyer, de toutes origines sociales. Mais, dans les faits, à Paris, ce sont plutôt les 40-70 ans appartenant aux classes moyennes qui se laissent séduire. Si le SEL est une façon d'échapper au système marchand, voire de pallier le manque d'argent, c'est aussi un lieu de convivialité, de rencontre où l'on apprend à connaître ses voisins et à déceler les véritables richesses que chacun possède. Voire à reprendre confiance en soi. « J'étais au chômage » explique Jean-Christophe. « Grâce au SEL, j'ai retrouvé une utilité sociale et j'ai appris à travailler en équipe ».

> Les SEL sont aussi une forme d'expérimentation sur les monnaies alternatives. Selon le sociologue Smaïn Laacher*, ils « expérimentent localement une manière de réordonner différemment les conditions de l'échange et les différents systèmes d'équivalences (troc, don et mesure monétaire) qui ont cours habituellement dans l'économie marchande ».

Toujours selon lui, les SEL se fondent sur « une critique radicale de la vocation et de la fonction de l'argent, ou, plus précisément, d'un certain usage de l'argent». C'est-à-dire « l'intérêt (financier) en tant que mécanisme de production d'argent à partir d'une position de détenteur privilégié de monnaie ».

Ce que récusent les SEL, c'est la thésaurisation et le fait que l'argent accumulé puisse encore en produire, par le biais des intérêts; à l'instar de Silvio Gesell, homme d'affaires allemand du siècle dernier (1862-1930), qui prônait la monnaie fondante : « l'argent doit rouiller », disait-il, c'est-à-dire perdre périodiquement de sa valeur (tous les deux jours, tous les mois...). « De cette façon, il n'aura plus de position dominante sur le marché par rapport au travail humain. Ainsi l'Homme ne sera plus au service de l'argent mais c'est l'argent qui servira l'Homme ».

Mais s'ils puisent leurs origines plus loin dans l'histoire, les SEL se sont inspirés directement des Local exchange trading system (LETS) qui ont vu le jour dans les années 1960-1970, dans les pays anglo-saxons, aux États-Unis et au Canada - notamment sur l'île de Vancouver gravement touchée par le chômage et la crise économique -, puis en Australie dix ans plus tard où existe toujours le plus gros LETS du monde, Blue Mountain, qui compte 1800 adhérents et en Grande-Bretagne, qui accueille aujourd'hui quelque 600 LETS. En France, la première expérience a eu lieu en Ariège en 1994. Avec succès, mais non sans mal! En 1996, deux adhérents aident un troisième à réparer son toit. Dénoncés par un voisin, ils sont traduits devant les tribunaux pour travail et utilisation de travailleurs clandestins. Condamnés par le tribunal de Foix, ils devront attendre le jugement en appel à Toulouse, le 17 septembre 1998, pour être relaxés. Le jugement de la cour d'appel laisse pourtant planer une insécurité juridique sur les SEL et montre à quel point les modes de pensées dominants ont du mal à appréhender l'utopie. Les juges ont en effet considéré qu'il n'y avait pas d'infraction, compte tenu du caractère occasionnel de la prestation (et donc pas d'obligation d'immatriculation ni de déclarations sociales et fiscales); mais que l'activité avait un but lucratif du fait de l'existence d'un crédit en «grains de sel» - l'unité d'échange du SEL de l'Ariège ! Pas de quoi pourtant décourager les Sélistes, qui sont aujourd'hui plus de 25000.

 

 

 

Sel'idaire

Le site des 350 SEL de France propose en ligne le guide « SEL : mode d'emploi », également disponible

 

Tél. : 01 76 67 24 85
www.seldepaname.apinc.org

Contact
seldepaname@hotmail.com

Permanence
premier dimanche de chaque mois de 10 h 30 à 12 h 30 65, rue Mademoiselle
75015 Paris

Cotisation
24 euros/an pour une nouvelle adhésion, 12 euros pour le renouvellement.

Coordination
des SEL d'Île-de-France
Coordonnées des 34 SEL d'Ile de-France, agenda des bourses locales d'échange (BLE), des manifestations et des fêtes. www.intersel.apinc.org

 

 

 

 

Vaste programme et belles intentions ! Mais l'enfer n'en est-il pas pavé, d'après ce que l'on dit ?



Source: SEL de Paname


Convivialité? Comment se sentir moins seul simplement en mangeant à côté d'autres personnes qui fonctionnent dans leur clan et se réjouissent en diffusant des ragots sur ceux "qui ne sont pas comme eux". Enfin, cette réflexion concerne mon vécu. Mais est-ce différent ailleurs?


                  *********************

 

Les réseaux d'échanges réciproques des savoirs

"L'expérience de chacun est le trésor de tous"

Guy cherche des volontaires pour poser comme modèles face à son objectif. Il offre, en échange, de leur faire des photos d'identité, de les aider à optimiser leur facture EDF-GDF ou encore de leur enseigner l'art de réparer une bicyclette. Dominique propose la participation à un atelier de relaxation contre une initiation à Word et Excel. Renan est prêt à transmettre les secrets de sa technique de mémorisation rapide, mais voudrait savoir comment mettre des informations sur Internet... ça se passe comme ça à La Ronde des Savoirs! En septembre, ce Réseau d'échanges réciproques des savoirs (RERS) de Vincennes a fêté ses dix ans. Le principe des réseaux est simple: mettre en relation des personnes qui souhaitent acquérir de nouvelles compétences avec celles qui proposent de les transmettre.

> C'est une institutrice, Claire Héber-Suffrin*, qui a eu l'idée, dans les années 1970, de ce type d'échanges. Confrontée aux difficultés d'apprentissage de ses élèves, elle se rend compte que ces enfants détiennent pourtant des connaissances non reconnues par l'école. C'est toute la philosophie des réseaux d'échanges réciproques des savoirs : tout le monde sait faire quelque chose et est capable de transmettre cette connaissance. Claire Héber-Suffrin donnera donc à ses élèves la possibilité de mettre leur compétence personnelle au service des autres : chanter, danser, réparer un vélo... Reconnus, valorisés, les enfants prennent alors conscience de leurs capacités et retrouvent le goût d'apprendre. Claire Héber-Suffrin décide alors de développer la notion d'échange de connaissances entre les enfants, puis les parents, les enseignants et les employés de la mairie d'Orly. Objectif : favoriser la réussite scolaire des enfants en difficulté, créer du lien social et ouvrir l'école sur la cité. En 1980, des habitants d'Evry, une autre ville d'Île-de-France, et une commission extra-municipale des Affaires sociales et de la Mission d'éducation permanente, créent leur réseau pour « encourager le mieux vivre ensemble » et permettre l'accès à une démarche de formation permanente. Trente ans plus tard, cette initiative tellement « seventies » a pourtant essaimé et perduré : en France, 700 RERS, regroupant 100 000 à 150 000 personnes (et 150 en Europe, Amérique Latine et Afrique) se sont développés grâce à des enseignants, des travailleurs sociaux, des acteurs locaux, des initiatives bénévoles et des partenariats.

Pour participer à un réseau, il suffit de formuler au moins une offre et une demande. Les échanges sont gratuits. C'est un principe essentiel des réseaux : pourquoi rémunérer une transmission de savoirs, alors que celui qui transmet ne perd rien de ses connaissances ? Constitués en associations, les réseaux demandent juste parfois une cotisation modique pour couvrir les frais administratifs et l'envoi d'un bulletin (15 e par an, par exemple, pour la Ronde des savoirs). Le seul but recherché est la réciprocité, c'est-à-dire amener chacun à se mettre dans une relation d'échange. Selon la charte des réseaux, il n'y a pas lieu non plus de mettre en place une hiérarchie ou un étalon quel qu'il soit pour mesurer la valeur relative de ces connaissances. Les offres et les demandes sont regroupées sur un catalogue et les membres du réseau peuvent se contacter directement. Mais, le plus souvent, une équipe d'animation ou un médiateur, eux-mêmes membres du réseau, aident les offreurs et les demandeurs à organiser leurs échanges.

Les réseaux, d'autre part, fonctionnent en réciprocité ouverte : concrètement, les échanges se font de personne à personne ou au sein d'un groupe. Ils peuvent être bilatéraux (deux personnes s'échangent mutuellement des savoirs différents), mais sont le plus souvent multilatéraux (Anne apprend à Bernard qui apprend à Claude qui apprend à Bernard...) ou collectifs (cours de langue, ateliers de relaxation, de théâtre).

Tout le monde et toutes les compétences sont bienvenus au sein des RERS : pratiquer une langue étrangère, connaître le droit ou les mathématiques, maîtriser la plomberie, la maçonnerie ou le tricot, savoir jouer aux échecs ou au tarot... toutes les connaissances se valent. Les RERS sont donc ouverts à tous, jeunes ou moins jeunes, retraités, chômeurs ou actifs, diplômés ou non, ouvriers ou cadres, manuels ou intellectuels, français ou étrangers... C'est ce brassage même qui constitue la richesse du réseau, et donne à chaque membre la possibilité de trouver la réponse à sa demande. Pour les uns, participer au RERS est l'occasion de compléter leur formation, pour les autres de concrétiser une passion. Pour d'autres encore d'apprendre à se sortir seul des petits soucis quotidiens, du robinet qui fuit à l'ordinateur qui plante. Mais le réseau, c'est aussi pour beaucoup la chance de retrouver confiance en soi, en découvrant qu'ils ont eux aussi quelque chose à apprendre aux autres.

  

J'ai fait une brève incursion dans une RERS, histoire de voir si c'était plus proche du réel.

J'y ai trouvé une ambiance différente, des personnes plus ouvertes et moins perturbées, quoiqu'un tantinet ringardes (rien à voir avec l'âge !).

Je n'y suis pas retournée pour des raisons de distance.

Si vous avez envie de vous investir dans « l'échange », je vous conseillerai plutôt un RERS qu'un SEL...Maintenant, il peut toujours y avoir des exceptions car la valeur d'une assos tient souvent à son président. D'une façon ou d'une autre, on y trouve toujours des problèmes de pouvoir.


Il n'est pas simple de souhaiter rester libre et indépendant tout en s'engageant dans certaines actions.

 

Je vous envoie d'ici peu mon expérience personnelle vécue au sein d'un SEL. J'espère que vous êtes moins idéaliste que moi, car vous risqueriez de prendre une claque !

  

 

 

par Alice publié dans : Société communauté : Solidarités
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Jeudi 22 mai 2008

Il paraît que nous vivons dans une république démocratique!

Nicolas Sarkosy nous a démontré toute sa puissance autocratique et je ne reviendrai pas sur ce sujet ce soir...d'autres s'en chargent pour moi! Mais je vous me permets de vous balancer une vidéo sur Ségo qui se permet exactement les mêmes exactions avec "ses larbins".

http://www.dailymotion.com/video/x4kdbf_royal-fountaine_news

Ne la trouvez-vous là pas aussi odieuse que Sarko lorsqu'il traite un interlocuteur de "pauv' con" ?



Source:
Sarkostique

Je ne cesse de me répéter en affirmant haut et fort que le désir de pouvoir reste pathologique...même si je n'adhère pas à tous les délires de Freud!
 
par Alice publié dans : Politique communauté : Vive le désordre !
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